En 1961, la carrière de Sylvie débute sans doute par un hasard ou du moins une opportunité, mais elle ne durera que grâce à son acharnement, sa persévérance et surtout son merveilleux talent.
Première chanteuse à occuper le difficile créneau du rock'n'roll (domaine réservé alors aux garçons), elle ne dérogera jamais à ce rôle.
La "collégienne du twist" aura même l'audace de reprendre Ray Charles (Est-ce que tu le sais ? - Qui aurait dit ça ?), Eddie Cochran (Il revient - Comm' tu es fou), Brenda Lee (Je suis libre - Si je chante), et même Elvis Presley (Sois pas cruel - Te voici). Que lui importe ? Elle a sa propre grâce, sa propre aura, bref, sa présence : ce que l'on nomme une personnalité.
Quoi qu'il en soit, elle convainc... enfin elle séduit... une grande partie des Français. Les autres continueront à dire "Sylvie, va-t-en", mais plus pour très longtemps : sa carrière aura un avenir bien plus durable que les méchantes critiques qu'elle devra subir pour encore quelques mois. De spectacle en spectacle, de prestation en prestation, de disque en disque, elle enchaîne maintenant les succès.
Sylvie s'est fait connaître par des adaptations de chansons anglosaxones ? Où est le problème puisque dans le même temps son frère Eddie lui compose "Les vacances se suivent" et "M'amuser", immédiatement suivi par Jean-Jacques Debout qui lui offre "Tous mes copains" et "Réponds-moi", jusqu'à Charles Aznavour qui lui écrit "La plus belle pour aller danser" ! Ce dernier titre restera d'ailleurs à jamais un phare pour son public.
Mais tout ceci n'empêche pas les auteurs américains d'écrire aussi pour elle : M. Singleton lui compose "Since you don't care", "Love has laid its hands on me" ou le ravissant "Dum di la", et Paul Anka en personne lui offre USA et surtout le mythique "I'm watching you". Qu'espérer de mieux ?
Le début des années 60 est ainsi ponctué de tous les hits qu'elle égrène à chacune des parutions de ses disques.
Dynamique et gaie, mais également nostalgique voire même mélancolique, Sylvie répondait toujours présente : nous dansions avec elle et nous rêvions aussi grâce à elle.
(1ère partie)

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