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Lundi, 18 Avril 2011 00:00

Arielle Dombasle: Diva Latina

Écrit par  Stéphane Lumbroso
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Arielle Dombasle: Diva Latina Arielle Dombasle: Diva Latina

12 titres mythiques aux couleurs chaudes de l’Amérique Latine.
Le retour aux sources d’Arielle.
Quand classique rime avec modernité. Danse, émotion et sensualité.

Sous les boucles platine d’Arielle Dombasle brûle une « diva latina ». Elevée au Mexique, l’actrice cantatrice, muse et modèle, n’a jamais oublié ses racines latines. Ses albums – disques d’or, platine même ! – « Liberta »  (2000), « Amor Amor » (2004) nous avaient déjà rappelé que l’espagnol avait été la première langue de cette chanteuse trilingue. Mais aucun n’avait réuni aussi joliment que « Diva latina » ses goûts pour les fêtes, le folk populaire et l’absolue modernité. En invitant sur les dance-floor, rythmes cubains et voix lyriques, chants latins et électro, la diva fait l’effet d’une bomba.

Elle retourne à ses sources. Elle a grandi au Mexique, où son grand-père était ambassadeur de France. Elle a été élevée dans une bipolarité musicale absolue. Musique classique d’un côté, rythmes latins de l’autre.

Il y avait toujours de la musique chez elle. Ses parents, très mélomanes, écoutaient Debussy, Ravel, Duke Ellington, Vivaldi, Ella Fitzgerald ou Rachmaninov… Le reste du temps, elle baignait dans la musique populaire latino, celle qu’on écoutait à la radio dans les cuisines de l’ambassade, celle de la rue, des fêtes de village. Rumba, mambo, boléro, salsa… Guajira.

C’est un album entièrement en espagnol donc,  avec des reprises, mais plusieurs morceaux  adaptés  et réécrits par elle.  L’espagnol est sa vraie langue. Au Mexique, chez elle, on parlait espagnol et anglais - celui d’une mère élevée à New York. Elle a appris le français à l’école : « Je suis culturellement métisse. Je chante naturellement en espagnol et en anglais. J’ai plus de mal à écrire des chansons en français, cette langue de la raison. On a vite une sensation de trop plein, de « logique sur du joli ». Mais écrire en espagnol, j’ai une impression que ça coule de source, musicalité immédiate. »

Arielle analyse sa latinité en grande partie  par le catholicisme, l’amour de la musique, la langue, le rythme dans lesquels elle a baigné pendant dix-huit ans. « Les Latinos sont solaires, dit-elle, curieux de l’autre. Leur civilisation est tellement complexe, métisse, ouverte au monde ; j’aime cette spontanéité ; au Mexique, on parle aux gens de façon immédiate, naturelle. J’ai aussi le goût de la danse, la totale désinhibition des Latinos, Mexicains, Colombiens, Cubains ; à chaque coin de rue ou dans les fêtes populaires, on danse… »

Dans ce nouvel album, Arielle Dombasle croise tradition et modernité. Son premier album la « cantate 78 » était déjà cette rencontre « avant-garde » entre Jean-Sébastien Bach, son clavecin bien tempéré, sa voix lyrique et la « 4 X » le plus important générateur de son électroniques à l’époque !

Dans « Diva Latina », c’est la rencontre de la chaleur, la sensualité du guïro, du cajon, du cuadro, du charango, de la marimba avec des ponctuations électro et la voix. Avec  Dave Clarks son producteur, Cyrus Jack c’est la reprise de grands standards. « C’était bien, s’exclame-t-elle, cette super production de séances d’enregistrements avec mes musiciens, live, latinos. Percussions, bongo, conga, guitares, moi qui chante et des interventions électro très pointues un peu à la Shakira. C’est une des idées cool de l’album, ce mélange de roots, mélodies grands standards et une touche électro. Réunir en quelque sorte l’art des cantates et du cuban sound.»

Dans cet album, Arielle Dombasle interprète les morceaux avec sa voix sensuelle,  groove et sa voix lyrique ! Depuis l’enfance, on lui répétait  : « Tu as une voix d’or ».

Arielle Dombasle : « Ma voix est sans doute mon seul trésor ! Enfant, je chantais dans les fêtes, on me demandait toujours de le faire ! Mais c’est à dix-huit ans en arrivant à Paris, que j’ai commencé des études vraiment sérieuses, au conservatoire de musique, l’apprentissage du bel canto et en développant ma voix de soprano dramatique avec des maîtres remarquables comme Eva Barthélémy, Elena Vassilieva, Bruno Witzin ou encore Mady Mesplé. Et puis la scène, l’opéra, les concerts ! J’ai une voix très entrainée comme un cheval de course ! »

Elle peut chanter un répertoire très vaste. Venant de la culture classique, dans ce nouvel album, le chant est d’abord pour elle de l’interprétation. Elle s’est réappropriée des standards dans un paysage musical de salsa swing muy caliente et en a réadapté plusieurs en espagnol. Reprises des mambos comme le N. 5 de Louis Bega, ou le cultissime « « Gopher Mambo » d’Ima Sumac. Mais aussi des morceaux  très corazon émotion comme « Yo lo queria » de Nilda Fernandez, « Porque te vas » de Jeanette et aussi des standards de Tito Puentes, Celia Cruz, Charlie Palmeri, Perez Prado ou le groupe Mecano des années 80. Elle a repris sur l’original de Miriam Makeba « Pata Pata » version afro-cubaine ! En duo inédit et détonnant avec le rappeur franco-malien MOKOBE, du groupe 113. Un must absolu !

Arielle Dombasle : « Avec Laurent Jais, qui est aussi le réalisateur de Miriam Makeba, nous avons repris deux titres « La Luz » del grupo Chihuahua et « Mala vida » de la Mano Negra. Avec les guitaristes, Daniel Jamet, Napo Romero et Philippe Eveno,  le batteur Santi, Patrick Lemarchand et Chris Birkett, Cyrus Jack aux percussions il y a aussi une bossa inédite composée par Daven Keller, « salvaje corazon ».

Quant au « Gato Montes » cet « air » national, c’est une première, Arielle Dombasle a adapté les paroles. Tropical buena vista. Romance y amor. Ce Top morceau espagnol est aussi devenu un hymne de toutes les grandes fêtes mexicaines, un morceau utilisé dès qu’il se passe quelque chose d’un peu époustouflant. Corridas, charreadas, rodeos, des ambiances. C’est un rythme grandiose, un lyrisme qui vous soulève le c?ur ! Très spanish !

Arielle Dombasle reprend aussi « Hasta siempre », la chanson hommage au Che.

Arielle Dombasle : « Le Mexique fut un des rares pays d’Amérique latine à n’avoir pas coupé les ponts avec Cuba. Il y a toujours eu entre eux des échanges musicaux intenses. Salsa, swing, bolero, calypso, chachacha, Peut-être parce que le Mexique garde une forte tradition de chants révolutionnaires, Pancho Villa, les corridos, qui parlent à la fois d’amour et de révolte. En chantant « Hasta siempre », je me revois assise par terre ado, enthousiaste – et l’hymne à la figure charismatique de Che Guevara! Nous étions romantiques et passionnés. Mais je crois être restée, en fait, exactement la même ! »
Photo : © Ali Mahdavi

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