Bien que fêtant ses 50 ans de carrière fin 2011, Sylvie Vartan n'a nullement l'intention de s'arrêter. Après un mois à l'affiche au théâtre ce printemps, elle était en concert à Montréal et New York en juillet dernier.
Elle sera sur la scène du Châtelet à Paris dès le 30 septembre prochain, puis en tournée, avant un nouveau rendez-vous avec son public en 2012.
On parle souvent des années 60 et de la mémorable yéyé girl que fut Sylvie Vartan à l'époque insouciante et joyeuse de ses débuts, mais on évoque moins souvent ses grands shows chorégraphiés à partir de la fin des années 60, présentés sur les plus grandes scènes françaises et étrangères jusqu'aux années 2000. Aujourd'hui, Sylvie Vartan interprète ses chansons, entourée d'une équipe d'excellents musiciens tels Claude Engel (guitare), Serge Perathoner (claviers) ou encore Gérard Daguerre (piano), entre autres. Finies les chorégraphies compliquées entourée de 12 danseurs et autant de musiciens, oubliées les tenues pailletées et colorées, maintenant Sylvie Vartan rime avec classe et sobriété. Elle aspire désormais à davantage de proximité avec son public, préfère des tenues en accord avec son âge et son répertoire, sans rien renier pour autant.
Sylvie a toujours su évoluer professionnellement en fonction des époques traversées. Elle déclare: "Être artiste, c'est un renouveau perpétuel". Cette fin d'année 2011 coïncidera avec ses 50 ans de carrière, mais Sylvie n'en a pas pour autant décidé de s'arrêter, loin de là! En mars dernier, elle était pour la première fois au théâtre, mise en scène par Danièle Thompson "L'amour, la mort, les fringues" avec quatre autres comédiennes.
Les chansons de ses deux derniers albums "Toutes peines confondues" (14 septembre 2009) et "Soleil bleu" (29 novembre 2010), chez Columbia-Scotti Brothers Records, lui permettent de présenter un spectacle intimiste, tout en interprétant également ses grands succès. "C'est le 63ème de ma carrière, mais c'est mon disque le plus réussi" affirme Sylvie, en parlant de "Soleil Bleu". Depuis plus de trois ans, elle est en tournée en France et dans le monde, de la Belgique à la Suisse, en passant par le Japon, l'Espagne, la Turquie et bien entendu sa terre natale, la Bulgarie. Et puis en juillet, elle a traversé l'Atlantique pour des concerts exceptionnels au Canada et aux Etats-Unis. Une équipe du magazine Nos Tendres et Douces Années était à ses côtés pour l'événement.
"Soleil Bleu" à New York et Montréal
A la mi-juillet, Sylvie Vartan arrive à New York avec son mari, le producteur américain Tony Scotti, et leur fille Darina. La chaleur est étouffante "il a fait jusqu'à 50°C" me dit Sylvie, "c'était terrible!". Puis c'est le départ pour Montréal, où elle se produit quelques jours plus tard. Elle n'y a plus chanté depuis 1997 dans le cadres des Francofolies et son public montréalais l'attend avec impatience. Les températures estivales sont plus agréables qu'à New York et la rue Sainte-Catherine, partiellement fermée à la circulation durant l'été, a de petits airs de vacances. Les piétons y déambulent ou flânent aux terrasses des cafés, profitant de cette météo estivale.
En ce début d'après-midi du 25 juillet 2011, Sylvie Vartan arrive à l'Olympia de la rue Sainte-Catherine, accompagnée de son époux. Leur fille est là aussi. Sylvie retrouve ses musiciens et toute l'équipe technique pour les répétitions. Tony Scotti me précise que les concerts de New York seront différents de celui présenté ce soir à Montréal. Après la répétition et le réglage du son, il est temps pour Sylvie de se préparer, avant de retrouver son public québécois.
"Sylvie Vartan est en ville" annonce Radio Canada. Dès 17 heures, la rue Sainte-Catherine et les alentours de l'Olympia s'animent. Le guichet est ouvert et nombreux sont les spectateurs à venir retirer leurs places. Puis les portes s'ouvrent et petit à petit, la salle se remplit. Le balcon a dû être fermé et le parterre affiche complet.
Non loin de moi, un couple venu tout exprès de Toronto. Madame ne parle pas du tout français, mais elle adore la musique. Quant à son époux, il a étudié en Europe et maîtrise à merveille la langue de Molière. En commandant un disque de Véronique Sanson sur un site internet de vente en ligne, on lui a suggéré de découvrir Sylvie Vartan. Il a suivi ce conseil et est littéralement "tombé en amour" comme on dit ici. Lorsqu'il a appris que Sylvie devait se produire à Montréal et New York, il n'a pas hésité une seconde à acheter ses places de concert.
Autre spectateur ou plutôt spectatrice, Michèle Richard est présente à l'Olympia ce soir. La célèbre chanteuse québécoise a repris bon nombre de chansons de Sylvie et les a rendues célèbres au Québec. D'ailleurs le 27 juillet 2011, Michèle Richard écrira sur son profil internet: "J'ai adoré le spectacle de Sylvie Vartan... Rayonnante".
Un peu plus de 20 heures, les lumières s'éteignent et les musiciens prennent place sur la scène de l'Olympia de Montréal. La salle se lève pour l'accueillir lorsque Sylvie Vartan apparaît en fond de scène, vêtue d'une longue robe noire, camélia à la boutonnière. Elle semble ravie d'être là, même si elle est très émue. "La vie d'artiste" (Léo Ferré) ouvre le spectacle. "Bonsoir Montréal !" lance-t-elle ensuite. "Je suis très heureuse de revenir dans votre très jolie ville. Il y a déjà quelques années...". Dans le public, une dame précise "ça fait 14 ans !" et Sylvie poursuit en riant: "Ah oui? Il ne faut pas le rappeler, le temps passe. En tout cas, c'est un vrai plaisir de se retrouver ici, dans cette belle salle et nous sommes très heureux de passer cette soirée avec vous."
Un tonnerre d'applaudissements accueille ces quelques mots et le spectacle continue avec un titre de son répertoire composé par Richard Cocciante et dont le texte est signé du célèbre parolier québécois Luc Plamondon "Je n'aime encore que toi". Plusieurs chansons de son dernier album "Soleil bleu" et de moins récentes composent cette première partie, qui s'achève avec "La chanteuse a 20 ans", signée Serge Lama et Alice Dona.
Après une courte pause, Sylvie Vartan est de retour, en tailleur pantalon noir et blanc. Elle débute la seconde partie par une chanson mythique que lui ont écrite Charles Aznavour et Georges Garvarentz à ses débuts "La plus belle pour aller danser". Le public reprend en chœur le refrain et Sylvie s'exclame: "Vous chantez très bien!"
Le spectacle est un habile mélange de ses succès d'hier et d'aujourd'hui, aux titres de son dernier album et également quelques chansons des autres. "Mon enfance" de Barbara semble avoir été écrite pour elle et son interprétation est poignante. Les poings serrés, Sylvie offre au public un "Quand on n'a que l'amour" (Jacques Brel) crescendo et époustouflant qui s'achèvera sur une ovation! Le spectacle se termine, Sylvie s'éclipse, ses musiciens quittent la scène, mais le public québécois ne l'entend pas de cette oreille. La salle est debout et crie "Sylvie, une autre" en frappant dans ses mains.
Au bout d'un certain temps, Sylvie réapparaît en peignoir et rappelle ses musiciens pour une ultime chanson "Nicolas". Son époux Tony Scotti m'avouera par la suite que, de la console du fond de salle où il se tient pendant le spectacle, il a appelé Sylvie dans sa loge par téléphone "Sylvie, tu dois revenir sur scène, ils ne veulent pas partir!". Après le spectacle, Sylvie en tenue de ville vient saluer ses admirateurs au bar de l'Olympia avant de prendre congé.
Le lendemain, retour à New York où la chaleur est désormais supportable malgré des températures toujours élevées. Dans le hall de l'hôtel Loews Regency de Manhattan, à deux pas de Central Park, trône l'affiche annonçant le concert de ce soir au club intimiste Feinstein's, salle du prestigieux établissement new yorkais. C'est la première fois que Sylvie Vartan chante à New York et qui plus est dans un endroit tel que celui-là. Son mari m'explique: "C'est très différent de ce qu'elle a fait jusqu'à présent, en quelque sorte une nouvelle expérience pour elle, mais ça va être formidable!".
Les répétitions commencent sur une estrade minuscule où ont pris place les six musiciens et la choriste. Dans la salle, de petites tables rondes sont dressées pour accueillir les spectateurs. Sylvie Vartan monte ensuite se changer.
"Sold out" à New York !
Une seule partie est prévue pour ce spectacle, sans entracte. Bientôt, les premiers convives prennent place, accueillis par la responsable de l'événement. Tony Scotti a revêtu un costume et s'occupe de placer famille et amis. Quant au personnel de service, il est aux petits soins et sert rapidement boissons et repas aux spectateurs, au fur et à mesure de leur arrivée. "On a même refusé du monde" me confie son attaché de presse américain. "Elle aurait largement pu faire une semaine ici, mais ses musiciens n'étaient pas disponibles". Rapidement, la salle se remplit. Tout est désormais prêt et le concert peut commencer.
Les spectateurs achèvent de siroter leur cocktail lorsque les musiciens prennent place sur l'estrade. La salle est plongée dans le noir et Sylvie Vartan apparaît au centre du plateau, accueillie par les applaudissements nourris du public. Vêtue d'une longue robe noire, elle chante "La vie d'artiste" de Léo Ferré. En anglais, elle s'adresse ensuite au public. "Je suis très heureuse d'être là, dans un endroit si prestigieux, où se sont produits les plus grands, et d'être si proche de vous, pour la première fois. Durant ce concert, je vais non seulement vous interpréter des chansons de mon répertoire, mais également des chansons françaises très connues aux Etats-Unis. Je suis certaine que vous allez les reconnaître."
Son répertoire côtoie ainsi des standards de la chanson française dans un habile mélange. Sylvie reprend ainsi "Les moulins de mon cœur" (Eddy Marnay/Michel Legrand), "Et maintenant" (Gilbert Bécaud) ou encore "La chanson des vieux amants" et "Quand on n'a que l'amour" (Jacques Brel). Sa fille Darina est dans la salle et Sylvie lui dédie sa chanson "Pour l'amour de ma vie, ma fille Darina!" La jeune fille est très gênée... Puis Sylvie Vartan explique, toujours en anglais, qu'elle a eu la chance, à ses débuts, d'enregistrer un album aux Etats-Unis avec les musiciens d'Elvis Presley et ses choristes The Jordanaires. "Imaginez-vous, pour l'adolescente que j'étais, à quel point c'était un choc de travailler avec une telle équipe" dit-elle. Elle souhaite interpréter, en anglais cette fois, une des chansons de cet album "Since you don't care".
En sus de son répertoire, elle s'approprie les chansons des autres et la salle est conquise. Un spectateur crie "More!" et Sylvie répond: "OK, more..." avant de chanter "Personne" de son dernier album. La chanson a été écrite par La Grande Sophie et la salle est maintenant debout. Sylvie remercie longuement tous ceux qui ont rendu cette soirée possible, avant d'achever son tour de chant par "La chanteuse a 20 ans". Elle quitte la scène et les lumières se rallument. Quelques instants plus tard, Sylvie Vartan apparaît dans sa tenue de scène parmi les spectateurs ravis, afin de saluer son public, sa famille et ses amis. Elle semble fatiguée, mais heureuse. Sa fille est restée dans la salle et Sylvie s'enquiert "a-t-elle été sage?". Sylvie s'en va au bras de son époux et peu à peu, les spectateurs quittent l'hôtel Loews Regency. La soirée fut belle et rendez-vous est pris pour le lendemain, au même endroit.
Pour ce second concert new yorkais de Sylvie Vartan, des admirateurs japonais ont pris place dans la salle et Sylvie salue leur présence en les remerciant en japonais. Elle les recevra ensuite quelques instants en privé après le show et ils semblent très touchés de pouvoir ainsi lui parler. Le spectacle présenté ce 27 juillet est identique à celui de la veille, hormis la dernière chanson, qui a disparu. Le succès est également au rendez-vous et Sylvie semble plus détendue, heureuse d'être là.
Après le spectacle, Tony Scotti convie les admirateurs de son épouse ayant fait le déplacement à la rencontrer quelques instants. Sylvie reçoit donc une quarantaine de fans dans une salle de réunion et répond gentiment à leurs questions. Le ton est détendu, amical, mais on sent un énorme respect et infiniment d'admiration pour elle. Pas de séance de dédicace à n'en plus finir, quelques photos prises avec son accord, juste une artiste qui parle à son fidèle public, les yeux dans les yeux. Quelques plaisanteries, Sylvie rit de bon cœur. Ces admirateurs sont français, mais également expatriés, américains, canadiens, suisses, belges ou argentins. Tout a une fin et Sylvie Vartan doit bientôt prendre congé, appelée par des obligations professionnelles. "Je serais volontiers restée plus longtemps à bavarder avec vous, mais hélas, le devoir m'appelle. Je vous souhaite une bonne fin de séjour et un bon retour. Merci d'être venus!" dit-elle en prenant congé. Un dernier geste de la main et l'aventure américaine s'achève... Mais Sylvie Vartan l'a promis, elle reviendra.
Et maintenant...
Pour reprendre les paroles de la célèbre chanson de Gilbert Bécaud, "Et maintenant", que va-t-elle faire Sylvie Vartan? Après un repos bien mérité cet été, elle sera sur la scène du Châtelet à Paris les 30 septembre, 1er et 2 octobre 2011. Ensuite, elle reprendra la route pour quelques dates en France et en Italie.
Le 29 novembre à Gaillard (74)
Le 30 novembre à Aoste (Italie)
Le 10 décembre à Mérignac (33) et
Le 16 décembre à Béziers (34).
Artiste, mais également femme de cœur, Sylvie a fondé il y a plus de 15 ans une association avec son frère Eddie aujourd'hui décédé, qu'elle préside depuis lors. L'"Association Sylvie Vartan pour la Bulgarie" vient en aide aux orphelinats et maternités dans son pays natal. On ne compte plus le nombre de nourrissons sauvés par les dons de berceaux bleus ou le matériel stérilisé par les hottes à flux laminaires que l'argent récolté par l'association a permis d'acheter. Sylvie s'investit énormément, avec l'aide de bénévoles qui œuvrent à ses côtés pour venir en aide aux enfants les plus démunis du pays qui l'a vue naître. Pour vos dons, rendez-vous sur le site de l'Association Sylvie Vartan pour la Bulgarie: ASVB.
D'un point de vue professionnel, un nouvel album est en préparation, ainsi qu'une tournée en 2012. Sylvie Vartan doit se produire dans toutes les grandes capitales avec l'Orchestre Philarmonique Bulgare. Mais ça, nous en reparlerons plus tard...
Véronique Spinosi













