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Mercredi, 30 Mars 2011 04:59

Interview Alice Dona

Écrit par  Equipe NTDA
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Alice Dona Alice Dona © Tous droits réservés

Alice DONA nous reçoit dans sa loge après son passage sur la scène du Zénith de Dijon. Simple et émouvante elle nous raconte...

NTDA : A la vue de votre calendrier, on est tenté de dire que vous n’allez pas «chômer» en 2011 ?

Alice Dona : Oui c’est vrai. Il y a la tournée Age Tendre, la sortie du livre, les dédicaces dans les librairies et les mois d’été qui seront aussi des vacances bien remplies.

NTDA : Vous êtes à l’affiche de la prochaine tournée «Age tendre», comment avez-vous été approchée ?

A.D. : Très gentiment (rires). Ca fait deux ou trois ans que l’on essaie de se caler, mais je ne pouvais pas. J’étais dans l’écriture de mon livre et j’avais un emploi du temps un petit peu chargé. Il a fallu attendre que tout concorde et prévoir suffisamment longtemps à l’avance. Je dois dire que cette année ça n’a pas été difficile de me convaincre. Quand on m’a dit qu’il y aurait un orchestre symphonique, j’ai dit oui tout de suite. Lorsque l’on joue du piano, c’est bien agréable.

NTDA : Catherine Lara a-t-elle influencé votre décision ?

A.D. : Non. En revanche c’est moi qui ai influencé Catherine pour qu’elle fasse la tournée 2008. Nous aurions pu être ensemble, mais à l’époque je n’étais pas disponible. Je pense que l’on se retrouvera enfin sur la tournée de l’année prochaine.

NTDA : Au lancement de la «Tournée des Idoles» en mars 2006, aviez-vous imaginé que vous feriez, un jour, partie de ce concept ?

A.D. : J’avoue que non ! Non parce que je n’étais pas dans cette mouvance là à l’époque. Je continuais à faire de la scène, des petits trucs à moi. Puis je travaillais beaucoup à mes livres. J’avoue que j’y aurais peut-être participé, mais à cette époque là, non je ne pense pas. Ce n’était pas le bon moment. Une fois que vous faites face à ce public, ah ! vous vous dites “je ne croyais pas qu’il y aurait autant de monde”. Tous ces gens représentent trois générations. C’est étonnant et je suis ravie. En même temps, je trouvais que c’était très culotté de la part de Michel Algay de se lancer dans cette aventure. J’ai pensé à quelque chose d’un peu vulgaire, donc je ne le dirai pas, mais il en a quoi ! d’oser faire un truc pareil ! Ce n’était pas gagné et c’était casse gueule... Il a pris des risques énormes. Et rien que pour ça je le trouve formidable. C’est quelqu’un de passionné qui aime les artistes. On est vraiment “chouchoutés”. On a une structure comme en aurait Johnny Hallyday. Sans ce concept on aurait jamais eu l’occasion de chanter devant autant de personnes de notre vivant (rires). C’est inespéré et manifestement on fait plaisir aux gens. Pour nous, c’est pareil, c’est un véritable échange.

NTDA : Il faut préciser que vous avez également vos propres spectacles. Comment allez-vous gérer deux tournées en même temps ?

A.D. : Non, cette année, je ne fais que la tournée “Age Tendre”. Je tiens aussi à prendre des vacances. Je suis une grand-mère et je tiens à le rester. J’ai trois petits-enfants et je tiens à passer du temps avec eux pendant les vacances d’été. J’ai donc bloqué mon été même si mes producteurs habituels m’ont demandé si je voulais tourner cet été. J’ai dit non. A part ça, je ne ferai rien d’autre, sauf peut-être un disque l’année prochaine. On va voir, on va préparer des choses...

NTDA : Sur votre propre tour de chant, interprétez-vous des chansons de vos débuts, dite “yé-yé” ?

A.D. : Non. L’époque yé-yé, c’était mignon, il faudrait que je trouve une nana de 17 ans qui les reprenne, revues et corrigées. C’est peut-être pas une mauvaise idée !  C’était une époque sympa, mais pour moi je préfère choisir des titres des années 76 à 80. C’est à partir de cette période que j’ai fait de la chanson française traditionnelle qui collait beaucoup plus à mon image et à ma personnalité. Elles sont plus intemporelles que les chansons que je chantais à l’époque yé-yé. J’avais 17 ans, c’était sympa mais ce n’est pas une page d’histoire. Je ne regrette rien, au contraire.

NTDA : Vous n’êtes donc pas comme certaines chanteuses de cette époque qui occultent facilement cette période de leur vie ?

A.D. : Non pas du tout. En même temps je vous le confirme, je ne les chanterai jamais sur la tournée “Age Tendre”. J’ai envie de chanter des chansons qui parlent au public. Il faut s’adapter au public aussi... Mais je ne dis pas qu’un jour, si je trouve une jeune fille qui a envie de les reprendre... Pourquoi pas!

NTDA : On connaît toute l’admiration que vous portez à Gilbert Becaud. Vous lui avez d’ailleurs consacré un album. En 2011, cela fera 10 ans qu’il nous a quittés. Avez-vous un projet pour qu’enfin lui soit rendu l’hommage qu’il mérite ?

A.D. : J’ai déjà fait un album, j’ai baladé un spectacle qui s'appelait «Merci Mr Bécaud» pendant deux ans. Je pense que pour ma part, j’ai fait mon boulot. Maintenant, il y en a beaucoup qui n’ont encore rien fait. Il mérite vraiment mieux que ça. L’hommage à Bécaud n’a pas encore été rendu selon moi. Je trouve ça incroyable et ça me met assez en rogne. J’espère que l’on va se réveiller parce que ça va faire dix ans qu’il nous a quittés, et si rien n’est fait ce serait bien triste (Christian Morin qui à ce moment-là, passe juste à côté de nous, dit qu’il est d’accord avec Alice).

NTDA : Dans votre livre, on apprend que vous aviez écrit une chanson pour Dalida juste avant sa mort. Cette chanson a-t-elle été maquettée ?

A.D. : Non, je l’ai toujours sur une k7 à la maison, mais chantée par moi au piano. Je l’ai gardée dans mon tiroir, peut-être que je la ressortirais un jour. J’ai quelqu’un qui m’en a fait la demande. Une chanteuse qui a lu mon livre et qui aimerait la chanter. Donc pour le moment, on attend et on verra si on peut l’adapter en fonction de quelqu’un d’autre. C’est un souvenir un peu douloureux, puisque j’ai écrit cette chanson pour Dalida juste avant qu’elle ne décide de se donner la mort. Je n’ai pas voulu toucher à cette chanson, mais peut être qu’on la diffusera un jour, on verra.

NTDA ; Johnny Hallyday a enregistré deux chansons que vous lui avez composées. Pourtant, au dernier moment, elles n’ont pas été retenues sur son album. Est-ce que, secrètement, vous lui en avez voulu?

A.D. : Pas secrètement. Je lui en ai voulu carrément et je le lui ai fait savoir. Je n’étais pas contente, et à chaque fois que l’on se croise, il me dit “Alors Dona, tu vas m’écrire une belle chanson un de ces jours !”. Pourtant les chansons étaient belles, il y en avait une de Lama qui était magnifique « Je suis nu, je suis mort ». C’était très beau et ça lui aurait été vraiment très très bien. Elles sont d’ailleurs toujours dans son tiroir et peut-être que ces chansons sortiront un jour dans un collector de Johnny. Dans les inédites puisqu’elles sont totalement inédites. Il les a enregistrées et il les chantait divinement bien en plus. Alors oui, je l’ai eu un petit peu en travers.

NTDA : Vous avez connu Annie Girardot en 1977 et vous êtes l’une des rares à l’avoir soutenue jusqu'à la fin ? Vous reconnaissait-elle les derniers temps ?

A.D. Non, plus du tout. Mais on a gardé contact le plus longtemps possible, et quand j’ai vu qu’elle ne me reconnaissait plus, c’était il y a un an, j’ai cessé mes visites. Ca me faisait trop mal qu’elle ne se souvienne plus de l’actrice extraordinaire qu’elle avait pu être. C’est incroyable qu’avec cette maladie, on en vienne à ne plus se souvenir de rien. j’ai perdu ma mère dans les mêmes conditions. Lorsque les choses se dégradent à ce point-là, il vaut mieux, dans la mesure où Annie faisait partie de ma famille artistique, s’éloigner et garder intacts nos souvenirs. Il faut laisser la famille proche faire le chemin jusqu’au bout avec la personne en question et ne pas s’immiscer. Continuer d’aller la voir, garder cette image là, d’Annie qui ne se souvient de rien, non je n’aurais pas pu. Il y a une espèce d’indécence, qui m’aurait gênée. Je veux garder d’elle un maximum d’images et d’éclats de rire. Notamment lorsque je chantais ma chanson “L’hypocalorite” qui la faisait littéralement hurler de rire. C’était devenu un gag entre nous cette chanson et c’était le dernier fil qui nous a relié jusqu’au bout.

NTDA : Comme vous le dites vous même, c’était une amie avec un grand A, vous avez toujours été là pour elle, même dans les moments difficiles comme sa rupture avec Bernard Fresson ?

A.D. : Je ne l’ai pas cité. Vous avez compris ce que vous voulez (rires).  Mais c’était à l’époque où elle tournait avec Fresson etc…, quand elle a échoué chez moi en pleine nuit, elle avait pris un pied de lampe en pleine figure. Mais je n’ai pas dit de qui il s’agissait.

NTDA : Quel est votre sentiment à savoir que la profession l’a mise à un certain moment de côté alors que le public l’aimait encore si profondément ?

A.D. : Je ne le sais pas et je ne peux pas l’expliquer. Peut-être est-ce aussi de sa faute à elle. Un petit peu, je ne sais pas. Moi, j’ai vécu l’époque où elle en avait raz le bol de tourner des trucs qui faisaient pleurer, elle avait décidé de se tourner vers la comédie. A l’époque où elle a tourné « Le dernier baiser», puis elle a fait une comédie qui s’appelait « Vas-y maman ». Elle avait tourné avec Noiret, De Funès, elle sortait de “Françoise Gaillant” et de «Mourir d’aimer». Elle en avait marre de faire chialer tout le monde, elle voulait faire rire maintenant. Mais ses comédies n’ont pas fonctionné. On ne l’a jamais suppliée de jouer dans un truc ou pas, elle choisissait. Peut-être n’a-t-elle pas fait les bons choix et que le public l’a boudée un peu aussi. Je suppose, que les metteurs en scène, voyant que cet aspect-là d’Annie plaisait moins au grand public, ont décidé d’attendre qu’elle ait envie de reprendre certains rôles. Et puis, il y avait d’autres actrices qui arrivaient. C’est terrible car c’est la loi du milieu artistique. Il n’empêche que la profession a été, c’est vrai, d’une injustice étonnante.

NTDA : Comment avez-vous pratiqué pour mettre sur papier tous vos souvenirs ?

Interview : Alice DonaA.D. : Et bien écoutez, il se trouve que j’ai gardé tous mes agendas depuis 1963. Depuis que j’ai commencé dans ce métier, je les ai entassés dans des cartons. J’ai déménagé pas mal de fois, mais  à chaque fois, j’ai retrouvé ce carton avec ces agendas. Il faut encore ajouter les 3 ou 4 agendas des années où on n’avait pas encore changé de maison, et de les mettre avec les autres. Au bout d’un moment, vous ouvrez de temps en temps ces trucs-là, et vous voyez tel rendez-vous avec machin, des cartons avec plein de photos, avec des tas de gens, célèbres ou pas, qui vous rappellent des souvenirs, et vous vous dites, ah bien ça c’était à telle époque, ah non c’était pas à telle époque. Et puis un jour je me suis dit qu’il y avait des choses que je voulais mettre noir sur blanc pendant que mes souvenirs étaient encore intacts. Peut-être qu’Annie y est pour quelque chose. C’est sans doute pour ça que je lui ai dédié ce livre. Si j’oublie ma rencontre avec Brassens ou Romy Schneider, je veux que ma petite-fille et mes arrières petits-enfants sachent que leur grand-mère a eu la chance de connaître ses gens-là. Il fallait donc que je l’écrive pour le transmettre. De plus j’ai, de ces gens-là, une vision qui n’est pas celle du public qui ne les connaît qu’à travers les médias ou par leurs chansons ou leurs films. Je les ai vus autrement, c’est bien de le raconter. Cela donne une information complémentaire. Après, on met dans un shaker, on agite et on a des donnés supplémentaires. Brassens, on ne le connaît pas tel que j’ai pu le connaître. Il était droit, il avait de l’humour. C’était un gros "nounours", gentil comme tout. Il était cultivé, généreux. Il avait un humour fou et s’intéressait à tout.

NTDA : A la lecture de votre livre, on se demande comment vous avez fait pour rester vous même, face à certains « monstres » du show bizness et du cinéma ?

A.D. : Le moment de la première rencontre, c’est impressionnant ! Après, ce sont des gens comme tout le monde, des êtres humains. je me suis aperçue que ma position de compositeur faisait que eux aussi, avaient une espèce d’admiration. Par exemple, Romy Schneider je n’imaginais pas croiser un jour son admiration. J’ai appris qu’elle recopiait mes chansons d’interprète dans des cahiers. Ce n’était pas les chansons de Lama ou d’un autre, c’était mes chansons à moi, Alice Dona chanteuse. J’étais flattée, mais pour moi, ce n’était pas normal. C’était moi qui devais avoir de l’admiration pour elle, parce que pour moi, dans mes souvenirs de jeunesse, Romy Schneider, c’était Sissi Impératrice et ça le restait. Les gens comme elle me paraissaient totalement intouchables. Néanmoins, il leur arrive de ressentir de l’émotion à cause d’une chanson qui leur rappelle des trucs très importants. Grâce à ça, j’ai appris, à m’estimer un peu et à me dire que l’on pouvait apporter des bons moments à des gens totalement différents, mais avec une sensibilité comparable à le mienne, puisque ce sont des artistes aussi.

NTDA : Quelle est votre plus belle rencontre ?

A.D. : Il y en a plusieurs. Sur le plan privé, évidemment, c’est mon compagnon, Laurent ( Boyer ). Ca fait 30 ans, ça marque, on est toujours ensemble, une belle rencontre, complètement inopportune, imprévue. Je ne l’attendais vraiment pas à ce moment-là, celui-là. Ça pouvait durer 3 jours ou rien du tout, ça fait 30 ans. Sur le plan professionnel évidemment, c’est Lama parce que sans Serge, je n’aurais certainement pas rencontré tous les gens que j’ai rencontrés grâce aux chansons que nous avons écrites ensemble. Et puis il y a aussi un chimpanzé : une magnifique rencontre. Ces gens du cirque m’émeuvent. C’est un peu ça la tournée Age Tendre, il y a des gens qui montent et qui démontent dans l’ombre pendant que nous on est dans la lumière. Je trouve ça magnifique.

NTDA : Votre plus mauvais souvenir ?

A.D. : Je ne l’ai pas raconté. Il y en a quelques-uns comme Régine, Johnny Hallyday, avec lesquels, on s’est simplement croisés, on a vécu des trucs ensemble, nos chemins ont continué. Nos routes ne sont pas devenues parallèles. Il y a la rencontre avec Jean Seberg, c’est une mauvaise rencontre. C’était terrifiant car elle était profondément malade. Elle était en clinique psychiatrique et voulait me rencontrer pour me faire faire des musiques sur ses poèmes. Je suis allée chez le coiffeur avec la photo de Jean Seberg en leur demandant de me faire la même coupe de cheveux, à la garçonne. Je suis restée des années avec cette coiffure, et un jour je l’ai rencontrée. Elle était de nouveau dans une clinique psychiatrique en soin, et très malade. Elle est allée dans sa salle de bain, se mouiller les cheveux et elle a fait la coiffure qu’elle avait dans le film “A bout de souffle” de Jean-Luc Godard. Je vous jure, j’avais les larmes aux yeux, je n’en pouvais plus. Ca pourrait être classé dans les plus mauvaises rencontres parce qu’un an après, elle s’est suicidée, enfin on pense, on ne sait pas, ou elle est morte d’une overdose. C’est resté très obscur.

NTDA : Dans son album “Toutes peines confondues”, Sylvie Vartan a repris une de vos compositions : «La chanteuse a 20 ans». Avez-vous eu l’occasion d’écouter sa version avant la sortie de l’album ?

A.D. : Non. J’ai découvert la version de Sylvie sur scène. Je n’ai d’ailleurs pas souhaité écouter l’album à sa sortie. D’une manière générale, lorsque les gens me chantent, j’aime avant tout aller les voir sur scène. Découvrir les réactions du public, c’est tout simplement magnifique. Surtout que Sylvie l’a bissé dans son spectacle. Je me suis dit “c’est ma chanson”. Je trouve qu’elle lui va bien et que Sylvie a toute la légitimité pour interpréter ce titre. Sylvie connaît bien le métier, c’est une chanteuse qui a toujours quelque part 20 ans dans le cœur des gens.

NTDA : Serge Lama a-t-il vu également Sylvie sur scène ?

A.D. : Oui, je crois même que nous y sommes allés ensemble un soir.  Pour ma part, j’y suis allée plusieurs fois, parce que j’aime ça. C’est formidable de redécouvrir votre chanson à travers quelqu’un d’autre. Au départ, je n’ai pas été la première à la chanter, c’était Serge. Quand je la chante, j’y vois d’autres choses que ce qu’y voit Lama. On est chacun dans notre univers.

NTDA : Etes-vous passée à côté d’une rencontre que vous regrettez aujourd’hui ?

A.D. : Non je ne crois pas.  On m’a déjà posé cette question et en réfléchissant j’aurais bien aimé rencontrer Mère Thérésa. L’accompagner et aller voir sur le terrain comment ça se passe. Il y a comme ça des femmes et des hommes qui me fascinent. Mais globalement, j’ai eu la chance de réaliser mes rêves et de rencontrer des gens extraordinaires. Je rêvais par exemple de rencontrer Bécaud. Car sans lui,  je n’aurais peut-être jamais chanté, il a été mon moteur. Côté cinéma, j’ai rencontré mes deux actrices préférées : Annie Girardot et Romy Schneider. J’ai vu tous leurs films plusieurs fois. Je me suis fait ma collection en vidéo puis en dvd. J’ai également eu la chance de rencontrer des gens que je ne prévoyais jamais de rencontrer comme Brassens. Je ne pensais jamais avoir l’honneur d’avoir l’amitié de cet homme-là. Pour moi, il était rangé dans un casier «intouchable». J’étais plutôt chansons de variété, lui était la poésie incarnée. Et puis cet homme que j’avais rangé sur une étagère et qui était pour moi statufié arrive dans ma vie. On est même arrivé à se tutoyer. Ça me paraissait impossible. On a fait des duos et des bouffes ensemble. C’est idiot de dire que je n’ai pas de rêves, j’en ai comme tout le monde. Et en ce moment j’en réalise un : chanter devant des milliers de personne avec la tournée Age Tendre. Même si c’est pour deux chansons, je prends et comme disait Bécaud “je ne m’autorise pas à avoir le trac, j’y vais !”. Et j’en profite à fond, parce que ce n’est que du bonheur.

NTDA : Avez-vous tout dit dans ce livre ou y aura-t-il une suite ?

A.D. : Je ne pense pas. J'espère que la suite sera racontée par quelqu'un d'autre qui, à son tour, parlera de moi. On fait tous les jours de nouvelles rencontres, mais ça ne veut pas dire qu'elles puissent toutes intéresser les lecteurs. Mon but n'est pas de faire un tome 1, puis un tome 2. J'avais envie de faire celui-là, parce que c'était l'occasion de parler de géants. C'est énorme. J'ai eu une chance incroyable. Même si aujourd'hui, je vis d'autres belles rencontres, ces gens-là restent des monuments et je dis que j'ai la chance de les connaître, c'est déjà très bien.

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Propos recueillis par Romain DECOSNE au zénith de Dijon le 17/03/2011 durant la saison 6 de la tournée “Age Tendre et Tête de bois”.

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