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Mercredi, 02 Février 2011 00:00

Interview Emmanuel Moire

Écrit par  Mickaël Maillard
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Emmanuel Moire Emmanuel Moire © Tous droits réservés

Après plus d’un an d’absence, c’est un nouvel Emmanuel Moire que nous avons eu le plaisir de rencontrer à l’occasion de la sortie de son nouvel album, «L’équilibre». Simple, lucide et disponible, c’est avec sincérité qu’Emmanuel a répondu à nos questions sur sa carrière, Christophe Maé, ses projets et la tragédie qui a frappé sa vie d’homme. Le Roi récupérera t-il sa couronne ?

Emmanuel, on vous a quitté, il y a un an et demi en chanteur pop chevelu et on vous retrouve, aujourd’hui, en chanteur électro au crane rasé. Quel changement !

(rires) Oui, il y a eu beaucoup de changement. On associe un peu ma zic avec le nouvel album et ma nouvelle coupe de cheveux, même s’il n’y a pas forcément de lien à la base entre les deux. J’ai juste eu envie de changer de gueule l’année dernière, je me suis rasé la tête et ça m’a plu. Quand on est arrivé sur la création de l’album et sur les photos, tout le monde a trouvé ça bien et j’ai gardé comme ça. Il n’y a pas, forcément, de volonté de changer l’image et la musique en même temps. Ca s’est fait naturellement.

Vous avez du avoir des retours de fans…

(rires) Les premiers retours étaient un peu sceptiques. Je pense que j’en ai dérouté plus d’un… Déjà, avec la musique…Les gens ne m’attendaient pas forcément là ! Et avec cette tête-là ! Mais quand les gens trouvent que c’est une démarche sincère et qu’ils retrouvent l’artiste…Je ne triche pas ! Je fais ma zic et je me sens bien dans ma peau comme ça ! Je pense qu’ils le sentent ! Ca a posé problème les premiers jours et ils sont passés à autre chose.

Vous avez déclaré que ce nouvel album vous ressemblait vraiment, ce qui n’était pas le cas du premier. Pourtant, vous en aviez composé 5 titres sur les 11. Quelqu’un vous avait forcé à vous diriger vers un univers plutôt romantique ?

Non. En fait, sur le premier, ce qui est particulier, c’est que je l’ai fait alors que j’étais encore dans « Le Roi Soleil ». Je n’ai pas eu l’intégralité des choix et j’ai fait beaucoup confiance aux autres. Je ne le regrette pas mais je ne me suis pas assez fait confiance. Je n’étais pas prêt. L’album s’est fait comme il devait se faire. J’ai pas tout contrôlé. J’ai fait des concessions artistiques. Ce qui est très bien puisqu’en fin de compte, sur le deuxième, quand on a décidé de le faire, je savais ce que je voulais et surtout ce que je ne voulais plus ! Là, j’ai pu tout contrôler ! Et j’ai tout fait, à part Yann (ndlr : Guillon), qui est toujours avec moi pour les textes. Mais, je ne voulais pas faire d’impasse sur ma musique. Parce que sur le premier, on a voulu surfer sur le côté « chanteur romantique » et les chansons d’amour, que je porte, aussi, sinon je ne serai pas là ! Par contre, il n’y a pas que ça ! Il y a aussi du fun, de l’éclate, des coups de gueule, des colères, un peu d’arrogance et on ne voyait pas tout ça sur le premier album ! C’est aussi pour ça que celui-ci s’appelle « L’équilibre ». Il y a une facette différente. On ne va pas dire que l’autre album ne me ressemblait pas mais celui-ci me ressemble plus. J’ai évolué et je suis plus en accord avec le mec que je suis. Je pense que l’autre était aussi en accord avec le mec que j’étais avant.

Donc vous ne le regrettez pas…

Pas du tout. Je ne suis jamais dans le regret. Je pense que tout ce que je vis et tout ce que je fais, c’est que ça doit se faire. Après, c’est toi qui en tire l’aspect positif, les valeurs et ce que tu dois en apprendre. Si t’es toujours dans la fatalité en te disant « Oh, j’ai pas de chance », tu n’avances pas ! Je suis plus spirituel.

Ce premier album a quand même été un beau succès atteignant le Top 8 des ventes mais n’avez-vous pas été, néanmoins, déçu par ses résultats ? Ne vous attendiez-vous pas à de meilleurs scores en sortant du « Roi Soleil » ?

Bien sûr ! Pour être honnête, aujourd’hui, le vrai succès que j’ai eu, c’est celui du « Roi Soleil ». J’ai été habitué aux énormes succès du spectacle…Après on ne va pas dire que j’ai été habitué à l’échec car j’en ai quand même vendu plus de 200 000. Ce n’est pas que je m’attendais à plus mais j’ai aussi vu l’inverse… Et en fait, c’est pas mal ! Tu te rends compte que dans ce métier, rien n’est jamais acquis ! Ce n’est pas parce que tu as du succès que tout ce que tu vas faire va en avoir, que tout va cartonner pour la vie !

La chanson, « Retour à la vie », sur le nouvel album, parle justement de ces moments de solitude après le succès…

Elle parle de cette cassure que tu peux ressentir quand tu sors de scène qui est énorme et quand tu rentres chez toi et que tu as l’impression d’être une merde. T’es confronté à ta solitude ! C’est assez difficile à vivre…

Par rapport au premier opus, parmi vos collaborateurs, il ne reste plus que Yann Guillon et Claire Joseph. Exit les William Rousseau, Rodrigue Janois, Benoît Poher, Pierre Jaconelli et Lionel Florence. Toute l’équipe rencontrée sur « Le Roi Soleil »... Est-ce que leurs mots et musiques ne vous correspondaient plus ou était-ce juste pour, vraiment, vous affranchir de ce rôle ?

Encore une fois, il n’y a pas eu de volonté. Quand j’ai commencé l’album, j’ai eu envie de le faire avec Yann. Ca a été de superbes rencontres. Rodrigue et William sont de supers gars ! On vient, tous les 3, du Mans. J’adore leur travail puisqu’ils bossent sur d’autres projets ! Cet album-là, je savais qu’il fallait qu’il soit perso pour que je puisse vraiment prendre ma place. Que je ne sois pas un énième chanteur qui chante les chansons des autres… Montrer que je fais ma zic et que je n’ai besoin de personne d’autre. C’est sans prétention que je le dis. Je n’ai gardé que les gens que je connaissais avant « Le Roi Soleil ». Ce n’est pas une volonté de casser et de ne pas prendre ces gens-là. Ca n’enlève rien à leur talent ! L’album que j’ai réalisé avec Pierre Jaconelli, j’en suis ravi. Il a réalisé la scène avec moi : ça a été une super expérience. J’adore ce mec et son taf. Mais sur cet album-là, j’avais envie d’aller ailleurs et de plus contrôler les choses : j’ai fait la réalisation de mon disque et j’en ai écris la musique. C’est une volonté sans l’être. Ca s’est fait naturellement. C’était logique car Yann est, pour moi, l’auteur qui me correspond le plus. Pas forcément le meilleur ou adapté à d’autres mais, pour moi, il me connaît par cœur. C’est mon meilleur pote ! Il sait ce que je veux dire et comment l’écrire. C’est juste génial ! Quant à Claire, c’est une amie. Elle m’avait écrit un titre sur le premier album, « Merci » qu’on a chanté en duo. Je lui ai reproposé de travailler ensemble car j’adore cette nana. Pour plein de raisons, c’est bien qu’elle soit dans cet album. Pour que les gens qui me suivent, voient que je continue en famille. Même si on est une famille de 3 personnes (rires)

Les autres ne l’ont pas mal pris d’être, ainsi, écartés ?

Non, pas du tout. Il n’y a pas de raisons de mal le prendre. Je pense que les artistes travaillent ensemble, puis, se séparent. Si ça se trouve, on se retrouvera plus tard. Il n’y a aucune volonté de ne plus travailler avec ces personnes. C’est juste une volonté de prendre mon truc en main et de le mener de la façon dont j’avais envie de le mener. Je pourrais refaire un album avec Pierre ou avec Julie d’Aimé. Je reste complètement ouvert !

Pour le grand public, on a l’impression que le personnage du « Roi Soleil » vous colle à la peau et que vous avez du mal à vous en démarquer comme ce fut le cas pour Damien Sargue avec « Roméo » ou Daniel Lévi avec « Moïse ». Est-ce que vous partager, aussi, ce sentiment ?
C’est difficile car ce sont 3 spectacles musicaux qui ont cartonné. Les plus médiatisés sont toujours les premiers rôles, ce qui est mon cas. De te détacher d’un spectacle qui a fait ta renommée, ta notoriété et ta popularité, il faut savoir s’en démarquer… Avec le temps… Je pense que ça se fait sur du long terme. Une carrière ne se fait pas sur un disque. Il faut penser à faire les choses avec de la qualité et de ne pas servir de la soupe. C’est pour ça que je ne voulais pas sortir un énième album avec, encore, des chansons du genre du « Roi Soleil ». Là, au moins, il y a un buzz : on se dit « Putain, qu’est-ce qu’il a fait ? Il n’a plus ses cheveux et ce n’est plus la même musique ». Il y a une curiosité ! Ce qui est bien, c’est que je leur propose quelque chose qui n’a rien à voir avec ce qu’ils ont vu de moi. Ca, c’est très positif ! J’aime beaucoup être là où on ne m’attend pas ! Ca me fait bien kiffer ! On dit (ton méprisant) « Ouais, de toute façon…Emmanuel Moire et na na na na »… Bah pas là ! (sourire)

Vous avez conçu cet album, aussi, en pensant à la future scène. Savez-vous déjà ce que vous y chanterez et ce que vous garderez du premier album ?

Oui, à peu près. J’y ai déjà réfléchi, car je suis, déjà, en train de constituer ce qu’on va faire sur scène. J’ai envie de m’y éclater donc je vais y agrandir les morceaux en laissant la place à la musique, au fun et à l’interactivité avec le public. C’est évident que je vais garder les titres qu’on a connu : « Le sourire », « Là où je pars ». Pour « Ca me fait du bien », on verra, car c’est un piano-voix et c’est assez particulier. A moins qu’il y ait un petit set acoustique.

Donc, ce serait juste les 3 singles…

Oui, mais j’ai aussi envie de prendre mes morceaux: « Celui que j’étais », « Je vis deux fois » et « Si c’était ça la vie ». Ce sont des titres qui ont existé. En plus, sur la tournée précédente, on avait fait un bon boulot sur la réalisation, donc là, je peux encore me faire plaisir. On va bosser sur ces titres-là. Il faut que je les chante car ils font partie de moi. C’est mon premier disque. (il regarde la pochette et rigole) Oh la la, j’avais des cheveux !

Ma préférée sur le nouvel album est « Sans dire un mot », même si elle n’entre pas tout à fait dans le nouveau style électro puisque c’est une ballade… Quant à vous, où va votre préférence ? Pour un prochain single, par exemple…

C’est vrai que cette chanson est soft : c’est une ballade avec quelques boucles électro derrière. Quant aux prochains singles, pour moi, c’est très simple : si je n’aimais pas une des chansons, elle n’aurait pas été dessus. Il y en a eu d’autres qui ont été faites et c’est un vrai choix. Chaque titre a sa raison d’être. « Suite et fin », j’adore car elle parle de parcours initiatique, qui est le mien : c’est très spirituel…

Mais elle n’est pas du tout radiophonique…

Pas du tout, c’est vrai ! C’est comme « Dis-moi encore ». Elle est un peu lounge mais pas du tout pour les radios. N’empêche que je l’adore. Il y a des titres taillés pour la radio comme « Adulte et sexy ». C’était une évidence que ce titre devait être le premier single. Dès qu’il a été fait, il avait ce format pour les radios même s’il n’a pas été fait dans ce sens-là. Par contre, « Sans dire un mot » est, potentiellement radiophonique. Mais, c’est une ballade donc je n’avais pas envie de surfer, de suite, dessus. En premier, ce n’était pas bon. Pourquoi pas en deuxième ? Ou en troisième ? Mais ce qui est sûr, c’est qu’elle sortira ! Après, si on parle de titres pour les radios pour vendre l’album, pour communiquer dessus : « Mieux vaut toi que jamais », « Promis », « L’adversaire » sont des titres pour les radios. Tu ne peux pas arriver avec un titre et après ce n’est plus du tout ça. On te dit que ce n’était que du bluff. Il en faut un deuxième pour remettre une couche et après t’arrives avec « Sans dire un mot ». Je suis, complètement, d’accord avec toi : « Sans dire un mot » est magique… Ce qu’elle dit est super beau… Elle parle d’amour, de rencontre avec mon angle de vue. C’est super perso ! Il y a quelque chose de fort sur l’évidence de la rencontre. Après avoir chanté « Mon essentiel » sur « Le Roi Soleil », qui était une super chanson d’amour, je suis fier de proposer la mienne ! Elle fait partie de moi. Je ne pouvais l’ignorer.

Malgré une large tendance électro, les fans de la première heure ne seront pas déçus puisqu’ils retrouveront des ballades dont le titre fort de l’album : « Sois tranquille », dédié à votre frère jumeau, récemment disparu (ndlr : victime d’un tragique accident de la route)… Est-ce que son écriture a été une vraie thérapie ? Est-ce que vous imaginez la chanter, chaque soir, avec l’émotion que l’on peur deviner ?

(ému) C’est particulier… Cet album est personnel, donc je ne me voyais pas faire l’impasse sur ce que je venais de vivre. J’ai perdu mon frère en 15 jours, le 28 janvier. J’étais en plein dans l’album. Il me fallait un titre… (il respire profondément)… Qui soit un hommage. Je ne peux pas ignorer ça ! Quand tu le mets sur un disque, c’est gravé à vie ! C’est un hommage éternel pour mon frère. Je devais le faire pour lui ! En plus, je l’ai traité différemment. Elle ne parle pas de ma souffrance, mais c’est lui qui s’adresse à moi. Pour moi, c’est le plus bel angle de vue que je pouvais faire. C’est récent donc, dès fois, tu le gères plus ou moins bien… Mais de l’avoir fait, ça m’a fait beaucoup de bien ! Quand je l’écoute, elle me nourrie… Même si, dès fois, t’as une larme qui coule parce que tu as encore du mal à concevoir que ton frère n’est plus à côté de toi… Que tu ne le reverras jamais…Plus jamais…C’est particulier… (il marque une pause…) Pour la scène, ce sera dur mais je me dois de la faire. Je dois la faire pour lui ! Je n’ai pas fait une chanson pour qu’elle n’existe pas… Je pense qu’elle peut faire du bien aux gens qui ont vécu comme moi : la perte d’un être cher. Ca peut faire du bien. Après quel que soit l’état émotionnel dans lequel je serai à chaque fois, je le ferai ! J’essaierai de me démerder avec… Cette chanson est sincère et nature. Comme avec les autres, il ne faut pas jouer. Si d’un coup, je suis pris par le truc, je serai pris par le truc… Autant laisser faire les choses. Je ne dis pas que ce sera évident mais…

Que pensait-il de cette nouvelle orientation à votre carrière ?

Il adorait ! (sourire) Il avait écouté les maquettes. Mon frère était très respectueux de l’artiste et de l’homme que j’étais. On était très proche. On se parlait beaucoup. On était très semblables sur de nombreux points. Il trouvait les maquettes très modernes. Il disait que ça allait être bien, plus rythmé, que j’osais plus de choses. Mon frère était un de mes premiers fans. Il n’était pas le fan hystérique, mais dans un vrai respect dans les valeurs que je pouvais proposer dans mes musiques. Je pense, que dans la finalité, ça lui aurait plu…

Ces derniers mois, quelques artistes voulant casser leur image, comme Lorie ou Natasha St-Pier sont passées de la pop « traditionnelle » à la pop électro, avec plus ou moins de succès… N’avez-vous pas peur des résultats en déroutant trop votre public ?

Tu sais, je ne sais pas si c’est l’orientation musicale qui fait ça… Je pense que ce sont les chansons. Moi, c’est un album pop-électro mais ce n’est pas de l’électro. Ca reste de la chanson Française : il y a un couplet et un refrain qu’on retient. « Sans dire un mot », tu l’entends une fois et tu la retiens. Ce sont des chansons avec un texte et de la profondeur dans les propos. Ce n’est pas de l’électro. Je crois que les gens qui m’ont aimé et qui ont envie d’avoir des chansons peuvent aussi acheter cet album. Après quel que soit le style où tu l’emmènes, à partir du moment où c’est bien fait et que tu ne te fous pas de la gueule des gens : ça peut fonctionner. Après, je ne te cache pas que j’ai un vrai flip ! A chaque fois que tu fais un album, tu ne sais jamais si les gens vont être au rendez-vous. Sortir un album pour ta famille et tes amis : c’est sympa mais…(rires) Le but est d’en vendre un maximum ! Que les gens aient la curiosité d’écouter ton album. J’invite les gens à le faire. Il interpelle pour plein de choses : la pochette, le titre, la curiosité du premier single. La moindre des choses est de l’acheter et de l’écouter pour se faire son avis. Après pour le nombre de ventes, je n’en sais rien. On verra bien… Je ne sais pas si c’est bien de dérouter les gens ou pas… Est-ce que ça ne va pas les séduire, plutôt que de les dérouter ? Je crois que la base des fans suit… Ils ont été déboussolés, au début. Sur Myspace, ils sont au taquet ! (sourire) Le but est aussi de séduire un autre public. La question est posée : est-ce qu’il faut rester sur ce que j’étais avant au risque de les lasser et qu’ils se disent « Oh…encore un qui va nous chanter des chansons d’amour » ou plutôt qu’ils se disent « Emmanuel Moire, je ne savais pas qu’il faisait ça…C’est plutôt pas mal !» ? A voir… Seul le temps le dira.

Est-ce que l’image d’avant peut vous gêner ?

Bien sûr ! Tout le monde ! « Le Roi Soleil » me suit ! Le premier album me suivra ! Écoute… De toute façon, mon image me dépasse. Je ne la contrôle pas. Je suis moi-même. Je suis sincère. Après les gens ont leur propre image. Qu’ils écoutent le disque et après ce sera un peu plus cohérent ! Cet album me raconte bien. Après l’image, tu sais… (sourire) Ce n’est qu’une image ! C’est évolutif ! Elle changera tout le temps.

Est-ce que vous avez encore des nouvelles de vos anciens camarades du « Roi Soleil » ?

Pas tous. On était une famille pour le travail. On ne se connaissait pas avant. J’y ai rencontré des gens supers ! Il y en a avec qui tu as plus d’affinités. Pas forcément que les chanteurs ! Il y en a que je revois et d’autres pas. Quand on se revoit, nous sommes contents. Par exemple, sur le clip « Adulte et sexy », il y a Sarah et Valentin, des danseurs du « Roi Soleil », qui sont venus montrer leur bouille sur le clip. Il y a aussi Claire Joseph. J’étais content qu’ils soient là ! Sarah, je l’adore ! Je suis très proche de Cathialine qui jouait « Madame de Maintenon », depuis le début : vocalement, artistiquement et humainement. J’adore cette nana ! C’est celle dont je suis le plus proche. Mais je suis aussi très content quand je revois Lisa qui vient d’avoir un enfant, Christophe qui a beaucoup bossé donc je l’ai moins vu, Merwann, Victoria, Anne-Laure… Quand je les revois, je ne peux qu’avoir la banane ! Après, c’est sûr qu’on ne se voit pas comme avant. Ca restera des rencontres exceptionnelles comme Dove, Albert et Kamel. Tous ceux qui ont bossé sur le spectacle ! Nous sommes liés ! C’est éternel !

Justement, que pensez-vous du succès de Christophe Maé ? Pas une certaine rancœur ou jalousie que le second rôle soit devenu le premier ?

Pas du tout ! C’est une histoire de médias ! Sincèrement, ce qui est moteur, ce n’est pas de se comparer à quelqu’un, mais de sortir ce qu’il y a au fond de ton bide ! Christophe, on ne peut qu’être content vu la crise du disque ! Si Christophe en est arrivé là, c’est parce qu’il le mérite ! Ce n’est pas par hasard et au petit bonheur la chance ! Il est bourré de talent et est une bête de scène ! Il a fidélisé son public à la sueur de son front ! Point final ! C’est logique. Après que tu sois passé devant et l’autre derrière, ça ne veut rien dire. Je ne suis pas dans ça ! Chacun sa route… Pas de rancœur ! On est différents et on fait une musique différente. On nous compare tous les deux mais on compare aussi Willem et Julien Doré qui sortent de la « Nouvelle Star ». Ca ne rime à rien ! Je ne vois pas les choses comme ça ! Les médias disent ce qu’ils veulent. Après gagnant ou pas, Christophe s’en fout aussi. Il ne se dit pas qu’il est passé devant moi. Son but n’était pas de me dépasser. Ce ne sont que des trucs people qui n’existent pas. C’est guère intéressant à nos yeux.

Si on vous proposait de revivre l’aventure d’une comédie musicale, seriez-vous prêt à en refaire une ?

Je ne suis pas fermé. Si je devais en refaire une, ce serait sur un autre créneau. Jouer les jeunes premiers, je ne sais pas… Ou alors, qu’il soit complètement barré ! Si aujourd’hui, je devais rejouer « Le Roi Soleil », je le jouerais différemment. Avec un peu plus de couilles ! (rires) Après, ça dépend du projet. Pourquoi pas ? Pareil pour le cinéma ou composer pour un autre chanteur. Je ne suis jamais fermé à un autre projet du moment que je m’y retrouve. J’ai envie d’avoir une totale liberté sur les choix artistiques !

Justement, avec quels artistes aimeriez-vous collaborer ?

Pas pour l’instant. J’en ai eu avant, pour m’apporter une certaine crédibilité. J’aime beaucoup Zazie ou Daho. Parfois, tu cherches et tu te dis que ça pourrait t’aider. En fait, je me suis rendu compte qu’il fallait d’abord que je me fasse confiance et que je m’installe et peut-être que dans quelques temps, ce sont les autres artistes qui viendront me demander de travailler avec eux. C’est peut-être mieux d’être reconnu par des gens.

L’année dernière, vous auriez du participer aux Enfoirés… N’est-ce pas là un vrai regret pour votre carrière ?

Bien sûr ! On verra…La vie est devant moi ! Peut-être que je le ferais l’année prochaine ! (sourire)

Je crois savoir que vous travailleriez sur un spectacle musical, « Les 3 Mousquetaires »… Qu’en est-il ?

(surpris) Oui, c’est vrai… Je n’en dirai pas plus, car pour le moment, c’est juste dans la création. Mais c’est vrai, je fais la musique d’un spectacle.

Tout le spectacle ?

Hum… (rires) Je suis un bosseur et j’adore les projets. Quand ça me touche et que ça me plait, j’y vais à fond ! J’aime créer ! Aujourd’hui, j’ai la chance de faire mon travail et de pouvoir faire ce que j’ai envie de faire, alors je le fais ! « Les 3 Mousquetaires » entrent dans cette catégorie-là. Ca faisait très longtemps que j’avais envie d’écrire un musical comme à Broadway. C’est autre chose. C’est un théâtre musical. Même si je n’ai rien contre les spectacles Français. Mais, ce n’est pas dans la même cour !

Vous y ferez juste la musique ? Vous ne vous verriez pas dans un des rôles des Mousquetaires ?

(sourire) Non. Pour l’instant, je ne fais que la musique… (rires)

On vous voit très éclectique dans vos chansons, mais qu’écoute Emmanuel Moire ?

C’est très éclectique, exactement. J’écoute aussi bien du Gabriel Fauré, - « Le requiem de Fauré » est une œuvre que j’adore -, que Beethoven, Mozart... Après je suis très Radiohead, Muse, Keane, Coldplay…Tout ce qui est Brit-Pop. Après, il y a Justin Timberlake, Nelly Furtado, Madonna… Il y a aussi, Grand Corps Malade, Olivia Ruiz. J’aime les gens de talent. Volontairement, je m’oblige à écouter des choses qui ne sont pas dans le même créneau que moi. Pour aller t’ouvrir. La musique est géniale quand tu restes ouvert et que tu vas chercher des choses à droite et à gauche. J’adore les grandes voix. J’étais très fan de Dion quand j’étais petit. Je ne m’en cache pas. Goldman, Cabrel… J’ai des centaines de CD chez moi. Je me nourris de plein de choses. Des Français, des Américains…

Donc, pour l’instant, vous ne savez pas quelle sera la direction pour le troisième album…

Je pense que je serais encore là où l’on ne m’attend pas ! C’est ce qui est génial !

Enfin, pour terminer, quel est votre sentiment sur le récent rejet de la loi Hadopi (Création et Internet) ?

C’est bien dommage. Mon album, c’est un travail ! Ca demande d’énormes heures de travail ! Et quand tu as des gens qui se permettent de se le procurer sans le payer, c’est un peu dérangeant ! Tout travaille mérite salaire. Et moi, c’est un peu ma façon de vivre. Si je ne vends pas un disque et que tout est téléchargé illégalement, moi je fais comment pour vivre ? C’est compliqué… Je pense que ça rejoint tout sur le statut des artistes comme les intermittents du travail. On a l’impression, aujourd’hui, que les artistes ne sont que des saltimbanques. Qu’ils sont juste là pour amuser les cours et qu’on s’en fout qu’ils aient de l’argent ou pas ou s’ils vivent de leur métier. Ca me dérange un peu ! Il faudrait que ça bouge vraiment ! Ok, c’est la crise partout, mais le disque s’est effondré ! On signe de moins en moins d’artistes ! On revient à des choses plus essentielles où les artistes doivent faire de bons albums. On nous demande beaucoup ! Artiste ce n’est pas juste montrer sa gueule et chanter des titres ! Pour tout ce travail-là, tu dois être payé ! Les gens qui achètent ton album, c’est ton gagne-pain ! Donc oui, ça me dérange !

Pensez-vous que cette loi de suppression de connexion suffira ?

Je n’en sais rien ! Je ne suis pas politicien ! Je n’ai pas plus d’idées que ça… En tout cas, quand il y a une loi qui est contre le téléchargement illégal, de mon côté, ça paraît logique qu’il faut qu’elle passe ! Sinon ce n’est pas crédible !

Merci pour cette interview…

Je t’en prie. Merci à toi !

INTERVIEW REALISEE PAR MICKAEL MAILLARD, LE 14.04.2009

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