En attendant la sortie de son premier opus intitulé «Juste comme ça», fredonnons tous ensemble «Dam dam déo oh oh oh». Ce refrain séducteur, révélé au grand public, véhicule sur les ondes un vent de fraîcheur et de nouveauté dans la variété française. Le premier single «L'horloge tourne» dévoile les prémices de son premier album qui laissent entrevoir une ballade musicale épanouissante où se mêlent des périodes de sa vie et quelques soupçons de souvenirs spleenétiques. L'occasion pour nous de partir à la rencontre de cet auteur-compositeur-interprète lyonnais, archiprometteur pour faire sa place sur la scène francophone, plein d'humanité, d'humour et de richesse, et de le soumettre à une interview bien sympathique et sans SMS...
Votre premier single "L'horloge tourne" a acquis en popularité depuis son lancement début 2010, et a donné lieu à la sortie du single en décembre dernier, c'est une belle aventure pour débuter, non ?
Je manque de recul (sourire)... C'est une belle aventure, une aventure que j'ai attendue. "Attendu" n'est peut-être pas le bon terme car quand on dit "attendre" on a l'impression de ne rien faire mais je fais de la musique depuis 8 ans .L'arrivée de ma maison de disques "Mercury" dans mon projet musical a effectivement accéléré tout ça et a rendu possible que le single "L'horloge tourne" soit clippé, passe en radio, en télé mais oui, c'est une belle aventure qui commence même si elle a débuté il y a un moment. En fait, à chaque fois qu'il se passe un évènement, on a l'impression que c'est un point de départ.
Imaginiez-vous que le grand public s'identifierait à votre chanson ?
Non pas vraiment ! (il réfléchit)... Disons que quand j'ai écrit cette chanson, je n'ai pas pesé chaque mot pour que le grand public soit touché par chacun d'eux... En fait, ma chanson est particulière car elle peut parler à quelqu'un de 20 ans comme à une personne de 30 ans. C'est vraiment mes dix dernières années, j'ai regardé dans mon rétroviseur et je me suis rendu compte qu'il y avait plein de souvenirs matérialisés dans des textos.. C'est peut-être pour cette raison que les gens se reconnaissent dedans, on est dans l'air du temps ! Le temps qui passe très très vite et cette impression de ne pas voir passer les choses, je pense que tout le monde le ressent un jour dans sa vie ! A 20 ans on a envie que tout s'accèlère et dix ans après on aimerait bien freiner un peu ce temps...
Justement, pouvez-vous nous dire comment est venue l'idée de cette chanson ?
Naturellement, j'ai une drôle d'habitude ! J'archive tous mes textos et je me suis replongé dans la mémoire de ma carte SIM. Ce n'est pas celle-ci (il montre son portable), c'était une autre. Je ne jette pas non plus mes cartes SIM (sourire), car j'ai vraiment l'impression que c'est comme un petit coffre à souvenirs et j'ai relu plein de textos comme ça dont certains m'ont forcé à faire le point sur moi-même... Chaque couplet est construit de cette façon "un sms vient d'arriver" et j'ai déroulé l'histoire de 18 à 30 ans, l'âge que j'avais quand je l'ai terminée... Quant au refrain "Dam dam déo oh oh oh", ce n'est pas une langue étrangère c'est une onomatopée qui remplace le cri du coeur... c'est vraiment un cri de guerre, un hymne à la vie qui transmet un souffle que ce soit sur les bonnes ou les mauvaises nouvelles et qui permet d'avancer...
Est-ce que tous les SMS décrits dans votre chanson existent ?...
Oui ! Je conserve tous les sms.
Quel est votre dernier SMS reçu ?
Le dernier ? C'est mon attachée de presse qui me dit que je suis en retard à mon interview avec vous ...
"L'horloge tourne" est l'histoire d'un trentenaire qui fait le bilan, qui regarde dans le rétroviseur ? C'était un besoin pour regarder l'avenir ?
Je ne sais pas si c'était un besoin pour regarder l'avenir (interrogatif). Je suis quelqu'un d'optimiste, je ne vis pas dans une sorte de mélancolie dramatique. Je suis très heureux de vivre ! Je me suis replongé comme ça dans le rétroviseur parce que c'était l'anniversaire de mes trente ans. Et que j'ai toujours entendu dire qu'à trente ans c'était l'heure de faire le bilan et j'en riais. Mais c'est vrai que le jour où mes trente ans ont sonné, je me suis mis à regarder dans le rétroviseur mais ce n'était pas un besoin fondamental pour continuer d'avancer. La chanson, en elle-même, a tellement créé de choses, dont mon label qui m'a découvert. Mais effectivement c'est une chanson rétroviseur qui me permet de parler du présent et de mon avenir musical...
Qu'est-ce qui vous a poussé à tout quitter pour vous lancer dans la musique et en faire votre métier ?
Je pense que c'est ce petit cercle qui au début est un cercle familial, amical. Ce sont des gens qui m'ont nourri en encouragements, en applaudissements et qui te permettent de trouver la force d'arrêter tout et de se mettre à la musique sérieusement. J'aurais pu rester dans une voie plus traditionnelle ou accepter un CDI en maison de disques. Mais peut-être la chanson que j'avais écrite la veille ou il y a deux ans qui me retenait et qui me disait de lui donner une chance d'arriver jusqu'aux oreilles du public. En tous les cas je ne regrette rien.
Avant d'entrer chez Mercury, vous avez autoproduit quelques titres avec notamment "Ecrire quand même". Retrouvera-t-on ces chansons sur l'album ?
C'est une période où je n'avais pas de label donc tout ce que j'ai fait, je l'ai autoproduit. Je bossais avec un pote, Eric Starczan, qui aujourd'hui me suit encore. C'est lui qui a co-réalisé l'album que Mercury a produit et l'équipe est restée là même, le label a fait confiance à ma formation initiale qui maquettait... "Écrire quand même" c'était comme "L'horloge tourne" ce sont deux chansons qui sont sorties de ce petit laboratoire à Nancy, chez Eric justement, dans lequel on testait les arrangements, etc... Avec July Hygreck, une réalisatrice, on avait réalisé un petit clip sur "Écrire quand même" et c'est, je pense, tout cet univers qui a encouragé Mercury à entrer dans mon projet. "Ecrire quand même" figurera donc sur l'album tout comme "Ma scandaleuse", "Mon amour de dictateur", "Des mots qui rassurent". Il sera composé essentiellement des chansons que j'ai écrites sur ces huit dernières années et des bien plus récentes... Il y a aussi deux chansons que je n'ai pas écrites. Il a fallu faire une sélection avant de les figer en studio et passer l'épreuve des "bals" entre le directeur artistique, le réalisateur...
Etait-ce important pour vous de travailler avec ceux qui vous accompagnent depuis le début ?
C'était assez naturel, je me sentais en confiance avec eux ! Sur un premier album avec un label qui arrive, toute une machine qui se met en place, on est exicté avec une part de stress, c'est un peu boulversant alors je pense que c'est rassurant de garder des repères, de garder une équipe avec qui on a aucune gêne et travailler avec des gens que je ne connaissais pas cela m'aurait un peu pertubé. Et en plus, je pense que mon équipe est le top, alors pourquoi aller voir ailleurs...
Qu'est-ce que vous aimez dans la composition, l'écriture ?
Pour moi, c'est peut-être la même sensation que celle qu'a un photographe quand il prend une photo. Je n'ai pas la mémoire courte mais je trouve qu'une chanson c'est comme une photo, cela me permet de figer les choses. Quand je me replonge sur une chanson que j'ai écrite il y a 8 ans, je me rappelle comment j'étais à cette époque, est-ce que j'ai évolué ou pas ?... C'est un peu ce travail que j'aime dans l'écriture ! Il y a aussi un vrai plaisir à écrire dans son salon ou sa chambre et se rendre compte, lors des concerts, que cela touche d'autres gens. Il y a aussi la recherche d'être connecté avec les autres... j'ai l'impression qu'il y a une fusion qui se fait sur mes textes, sur les histoires que je raconte et sur le fait que les gens puissent s'identifier. C'est la petite magie, qu'à un moment on se retrouve tous. Dans "Écrire quand même", par exemple, je dis "Peut-être l'envie que tout le monde m'aime qui me donne l'envie d'écrire quand même"... alors peut-être aussi de temps en temps...
Quelles seront les influences principales de ce premier album ?
Vous entendrez du Jean-Jacques Goldman, du Michel Berger dans mes chansons... Mais aussi Francis Cabrel, Alain Souchon, Julien Clerc, M également que j'apprécie beaucoup... de la variété française, ce que j'ai écouté. Je suis un enfant de la variété française ! (sourire). J'ai été pareillement influencé par Elton John, Michael Jackson et plus récemment, comme la guitare acoustique est vraiment au centre de l'album, Damien Rice. Les influences aussi des réalisateurs sur certaines chansons qui ont apporté une couleur musicale que je n'avais pas naturellement dans mes guitare/voix...
On parle d'un duo avec une artiste féminine...
Oui, il y a un duo, une rencontre géniale ! J'aimerais vous en dire plus même si la chanson est enregistrée, les contrats eux ne sont pas encore signés. Je meurs d'envie d'en parler et j'ai vraiment hâte de la faire écouter. Cela affirme, en tous les cas, mon appartenance à la variété française.
Quels sont les thèmes que vous abordez à travers cet album ?
J'aborde les thèmes de l'amour, de l'amitié, de portrait. Il y a une chanson intitulée "Une fois de plus" dont le refrain est : "Je sers à faire passer la pilule quand tes amours ne te plaisent plus, cette nuit, jolie libellule faisons affaire une fois de plus". Alors peut-être que quand on me prenait pour un con j'écrivais des chansons plus que lorsque la jeune fille trouvait un culte à notre histoire, ce ne sont pas les histoires d'amour les plus simples qui m'ont fait écrire... C'est toujours avec beaucoup d'autodérision, il n'y a rien de plombant dans les histoires d'amour que je peux raconter. Et il y a des chansons comme "L'horloge tourne" qui parle du temps qui passe... "Écrire quand même", c'est sûr pourquoi j'ai écrit ? C'était vraiment un jour où je n'avais pas un thème en particulier mais j'avais envie d'écrire une nouvelle chanson parce que je me produisais en concert deux semaines après... "Peut-être l'envie que tout le monde m'aime qui me donne l'envie d'écrire quand même".. Dans le duo, c'est un thème un peu particulier, je trouve que de nos jours rien ne nous tombe sur la tête par hasard... Il n'y a plus de coup de foudre, cela va être une entremise, ou une personne qui te présente à une autre... Dans cette chanson, c'est une jeune fille et un garçon qui aimeraient que cela leur tombe dessus par hasard, "Je veux que cela m'arrive, un jour, un jour comme ça, que l'amour, l'amour, tombe sur moi, comme prise au piège et par surprise, comme autrefois, sans rendez-vous sur internet, sans entremise, juste, juste, juste, juste comme ça". C'est le nom de l'album d'ailleurs "Juste comme ça". Il y a "Des mots qui rassurent"... parfois quand tout va mal dans la vie, quand on apprend un nouvelle difficile, il y a des personnes comme ça, je pense à mes parents notamment, même si ça ne va pas, je vais m'accrocher à leurs mots et cela va m'apaiser... "Ma scandaleuse", c'est le portrait d'une femme...
Vous attachez une grande importance au souvenir. Êtes-vous un nostalgique ?
Oui, je suis un nostalgique ! J'aime mon présent, ce qui m'arrive en ce moment... La nostalgie est dans l'absence des gens qui ne sont plus là, ce que l'on a pu faire avec eux... parfois cela me rattrape un peu ! C'est un album joyeux, c'est important de le dire.. c'est de la musique pour s'évader.
Pour vous, écrire c'est un peu comme conserver les sentiments, les souvenirs ?
C'est un peu comme figer sur une photo, un dessin... On peut la ressortir quand on veut !
Quels sont vos premières impressions sur la réalisation de cet album ?
J'en suis très fier et j'ai hâte de vous le présenter. C'était aussi un enjeu pour moi parce que je n'avais pas envie de sortir de deux mois d'enregistrement et de me retrouver avec un album qui ne me ressemble pas avec des chansons pourtant que j'ai écrites. On a beaucoup travaillé les pré-productions avec Eric qui connaît mes goûts, mes attentes, etc. Une fois les maquettes enregistrées, en studio on a conservé l'énergie de ces maquettes.
Est-ce que vous avez eu une liberté totale sur la réalisation de l'album ?
Je n'ai eu aucune pression particulière, cela s'est fait dans une douceur absolue. Le directeur artistique s'appelle 'Dodo', il est génial, d'une grande douceur. On a installé un climat de confiance avec Mercury, le directeur artistique et l'équipe en studio.
N'est-ce pas un peu effrayant de nos jours de se faire produire par une industrie du disques fragilisée ?
Je ne me pose pas trop la question ! Soyons positif, j'arrive dans une période où tout est entrain de repartir mais il y a eu des périodes plus difficiles. Je ne peux pas hériter de la nostalgie de mes ancêtres qui ont connu une sorte d'âge d'or où les albums se vendaient par millions mais aussi parce que je n'ai pas connu ces angoisses, ce changement radical. Pour moi, c'est mon premier album, il arrive à cette période là et est né dans ce contexte. Je suis un enfant de cette crise !
Quand l'album sera-t-il dans les bacs ?
Je pense d'ici la fin du premier trimestre 2011 ! J'ai une profonde envie de le partager, de vous en parler. Je suis impatient, c'est long ! L'album est prêt ! Il a fallu faire connaissance sur une chanson avant de présenter l'album dans son intégralité.
Côté scène, vous avez participé aux premières parties de grands artistes. Que vous a apporté cette expérience ?
Ce qui était nouveau, c'est la tournée ! C'est de partir sur 20 dates différentes partout en France avec le même artiste. J'avais fait la première partie de Patrick Fiori ou Zazie à Londres mais c'était une rencontre furtive, sur une ou deux dates. On a pas le temps de s'imbiber de l'univers de l'artiste et de ses conseils. Avec Florent Pagny, c'était différent, je suivais lui et son équipe en coulisse, dans les loges, aux répétitions et inversement il a tendu une oreille et il m'a donné des conseils comme l'ordre des chansons et ça c'est extraordinaire !... Balader sa chanson partout en France, cela est totalement nouveau pour moi...
Comment avez-vous été accueilli lors de ces concerts par un public qui n'est pas le vôtre ?
Terrible ! superbe accueil, il faut aller voir les vidéos sur internet. A la fin de chaque concert, les gens chantaient le refrain qu'ils avaient gardé en tête. Certains d'entre-eux m'ont rejoint sur ma page facebook et m'ont laissé des commentaires.
Quel bilan faites-vous de ces premières fois en studio ou sur scène ?
Un bilan très positif... J'ai beaucoup de chance ! Je voudrais faire d'autres scènes rapidement, je suis impatient de remonter sur scène. Le bilan est que j'aime cela et que je suis le plus heureux du monde quand je le fais.
Pourra-t-on vous découvrir sur scène prochainement, une date parisienne ?*
Il y a des dates en cours de négociations. Je travaille avec un tourneur à Nancy, Thierry Cornolti. Il a déjà programmé plein de dates. Il n'y a pas encore de dates parisienne mais il y a une salle que j'adore sur Paris, c'est l'Européen. J'en ai parlé à Thierry justement...
Vous avez également participé au single caritatif des Marguerites contre la maladie d'Alzheimer, pouvez-vous nous en parler en quelques mots ?
C'est un collectif d'artistes qui sont indépendants à l'initiative de Thierry Cadet et Cédric Barré. Ils nous ont contactés pour chanter la chanson écrite par Cédric Barré qui s'appelle "J'y étais pas". L'idée était de reverser les fonds à France Alzheimer. Comme chacun, à notre manière, était touché par cette maladie dégénérative, cela nous a permis d'apporter notre petite contribution. J'espère qu'il y aura d'autres projets mais le single existe et on peut l'acheter sur le site www.lesmarguerites.net ... Je suis sensible à cette cause parce que j'ai des personnes de mon entourage touchées par la maladie d'Alzheimer mais chaque action caritative m'interpelle et si je peux aider, c'est cool...
Un dernier mot ...
Merci pour cette tendre et douce interview, c'est très sympa à vous de vous intéresser à ma musique et cela me touche beaucoup...
* Les dates de la tournée seront bientôt disponibles sur www.mickaelmiro.com, à noter dans vos agendas : le Festival de La Grenouille Bleue, samedi 7 mai a Neufchâteau (Vosges)

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