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Samedi, 17 Septembre 2011 08:41

Interview Greg Laffargue

Écrit par  Anthony Klein
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Nouvel album :Greg Laffargue Nouvel album :Greg Laffargue Quotidien

Le montpelliérain Greg Laffargue est la nouvelle signature de MyMajorCompany. Multi-instrumentiste, il enregistre son premier album "Quotidien", qui sera dans les bacs dès le 26 septembre.

Cet album présente audacieusement l'univers coloré, stylé, singulier de ce chanteur qui n'a aucune envie de s'apparenter à une quelconque catégorie. Il veut tout simplement faire sa propre musique, comme il l'entend ,  marquée de sa signature… Laissez-vous porter par sa musique authentique et subtile, vous découvrirez un artiste né de la scène… et des ambiances seventies…

Vous sortez votre premier album solo "quotidien" alors que vous avez déjà un parcours musical. Que ressentez-vous à quelques jours de sa sortie ?

Je suis très content, je  me languis… Je suis très impatient que les gens puissent écouter mon album et donner leurs avis sur ma musique.

Comment êtes-vous arrivé chez MyMajorCompany ?

J'ai été contacté par Michaël Goldman, qui est l'un des responsables du label communautaire. Il a été séduit par certains titres que j'avais déposés via mon Myspace et qui avaient atteint plus de 400.000 visites. Il m'a proposé ce projet. J'ai été attiré surtout par le fait d'être en contact direct avec le public et que les internautes deviennent des producteurs. Ensuite cela s'est construit naturellement et j'ai été fasciné par le dynamisme et la motivation de toute l'équipe. Il y a aussi la renommée de Grégoire qui est une valeur sûre et montre que c'est un label assez important !

Pensez-vous que cette forme de production est plus propice à la création musicale et à l'émergence de nouveaux talents ?

C'est vrai qu'au niveau de l'émergence, MyMajorCompany commence à produire pas mal de nouveaux artistes par rapport à d'autres majors. L'idée de privilégier le consommateur, l'internaute, la personne qui va écouter la musique est intelligente. Ainsi le public va acheter l'album, se rendre au concert… La personne est mise en contact avec l'artiste…Cela permet de se faire connaître plus rapidement auprès de la population… Grâce à cette forme de production, il n'y a pas non plus que la major qui décide. Il y a aussi le producteur-internaute qui s'investit totalement dans notre projet en misant de l'argent ou en donnant son avis

Qu'est-ce que vous reprocheriez aujourd'hui au monde de la musique ou à son évolution ?

Un reproche ? Peut-être tous ces tubes d'un jour, les artistes éphémères où l'on passe d'une mode à l'autre. Ces chanteurs que l'on prend et que l'on jette comme un produit de consommation. Nous sommes dans un système de consommation mais il faudrait vraiment privilégier la carrière d'artistes comme Goldman, Cabrel, Souchon qui ont une longue carrière derrière eux… Il faut que les gens fassent plus confiance à l'artiste, c'est-à-dire le prendre à la base et l'aider dans sa carrière jusqu'au bout dans tous les cas.

Parlez-nous un peu de votre musique et de ce qu'elle représente pour vous ?

Ma musique est assez large, je ne me suis pas cantonné dans un style musical particulier. D'ailleurs je remercie mon label de m'avoir fait confiance dans le choix des morceaux enregistrés. J'ai été bercé par le rock, la pop, le funk, le reggae, le gospel…  Forcément, ma musique découle de toutes ces influences des années 70 que j'ai écoutées gamin allant de Stevie Wonder à Bob Marley puis celles d'aujourd'hui comme Mathieu Chedid, … Il y a un artiste que j'admire énormément pour cela, c'est Ben Harper. Il incarne bien l'horizon vers lequel je souhaite diriger mon travail, pouvoir mélanger les styles et arriver à mettre mon empreinte musicale, un son pour identifier l'artiste sans s'enfermer dans un style musical… Si j'ai envie de faire un zouk, je fais un zouk, et le lendemain un rap si l'envie est là…Après c'est à double tranchant, il faut que le public accroche à cette thématique mais c'est moi ! et j'assume…

De l'écriture à la version finale, comment a été conçu cet album ?

Les écritures se sont passées chez moi à Montpellier. Les premières chansons ont été écrites il y a deux ou trois ans. Après ce sont des rencontres avec des musiciens avec qui je me suis lié d'amitié à Montpellier. Ensuite, j'ai créé une sorte de famille musicale autour de moi : un bassiste, un batteur, un clavier. Je leur ai parlé de mon projet de réaliser un album et ils ont accepté de me suivre en studio. De là j'ai commencé à écrire les chansons, faire les musiques, préparer les maquettes que j'avais en tête. On s'est enfermé avec mon bassiste, chez lui, pour justement co-réaliser professionnellement cet album. Une fois tous les titres prêts, nous sommes tous partis en studio à Montpellier où nous avons enregistré en dix jours pendant quinze heures quotidiennement…Nous avons conservé beaucoup de prises de ces sessions-là car c'est frais, naturel, non trafiqué, dans les conditions d'un live, un peu comme à l'état brut. Le mix a été réalisé par Yves Jaget, l'ingénieur du son de Zazie et de Christophe Willem. Après c'est parti en mastering à Londres… C'est un de mes amis, graphiste (et je tenais à ce que ce soit lui) qui a travaillé sur le design, la pochette, etc... J'ai assisté à toutes les phases de la réalisation à la finalisation de l'album et j'en suis fier…

A travers ce premier album, quel message souhaitez-vous transmettre ?

Il n'y a pas vraiment de message. Ce n'est pas un album engagé, politique ! C'est "bonjour, je m'appelle Greg Laffargue et voici ma musique". Si le public peut s'y identifier, c'est du bonheur ! Prenez toutes les bonnes choses que vous voulez, régalez-vous les oreilles, le cœur !... J'espère que le public aimera ce que je fais…

Vous êtes auteur, compositeur, interprète. Avez-vous une grande aisance dans l'écriture ou la composition ? Quel est le rôle qui vous convient le mieux…

A la base, je suis compositeur. J'ai déjà fait de la musique pour des courts-métrages, des films. La musique me vient naturellement plus vite que les paroles. Pour les textes, j'écris aussi. On a essayé de m'écrire des textes également mais cela ne correspondait pas forcément à ce que je voulais dire, ce n'était pas mes mots, c'était moins personnel…

Et quels sont les difficultés que ce métier implique selon vous ?

Avant les difficultés, il y a beaucoup de bonheur à faire ce métier.  Si je peux vivre ma passion, je serai plus que satisfait. Pour l'instant, les difficultés seraient peut-être de l'ordre familial ! Je rêve d'avoir une femme et des enfants. Actuellement ce serait peut-être difficile de les voir, comme lorsqu'il y a des tournées… Mais une tournée, c'est un tellement grand moment à vivre… Je vais rencontrer beaucoup de points positifs avant les points négatifs. Concernant la réalisation en studio, il y a des choses que je ne referai plus comme des pertes de temps sur des décisions, arriver à trancher plus facilement sur un choix, aller plus vite à l'essentiel. Ensuite la promotion de l'album est une suite logique au travail accompli, il n'y a pas de stress. Une interview est une chose gratifiante…

Dans cet album, il y a une mosaïque de style, pop, rock, reggae. Est-ce un résumé de toutes les influences musicales qui vous ont marqué ou le symptôme d'une soif de découverte ? 

Ce sont vraiment toutes les musiques qui m'ont marqué ! J'ai eu des périodes très rock. Je peux aussi bien  écouter de l’ACDC, Bob Marley, aller voir les concerts de Stevie Wonder, que passer une soirée  près de la cheminée avec des amis à écouter du Brassens. J'aime vraiment tous les styles musicaux, ceux qui m'ont enrichi, ont fait ma personnalité. Je suis content d'avoir pu mélanger les styles car c'est moi, mon univers, ma signature ! Ça risque peut-être de semer un peu la pagaille car certains vont aimer davantage le rock, d'autres le reggae. Mais si chacun arrive à trouver une chanson qui lui plaît dans l'album, je serai déjà heureux…

Cet album contient des textes en anglais et en français. La musicalité  vous oriente-t-elle quant au choix de la langue à employer ?

J'ai toujours souhaité  écrire en français même si beaucoup de mes textes me viennent en anglais. Je tiens à défendre la langue de Molière, même si c'est une langue plus difficile à faire groover !  Je me suis pris la tête à chercher les mots justes, à m'inspirer d'autres artistes comme Tété, I Am que j'aime beaucoup… Avec eux, la langue française fonctionne très bien et je trouve qu'ils écrivent parfaitement… Je compose d'abord la musique, ensuite je prends ma guitare et j'essaie de trouver une mélodie, et cela s'oriente naturellement en français ou en anglais plus facile à chanter…c'est au feeling !

Quel qualificatif donneriez-vous à votre album ?

Si j'écoute les personnes qui l'ont entendu, c'est un album frais, coloré, positif. C'est ce que l'on me dit souvent ! Cela met la pêche…

Votre quotidien est-il celui que vous décrivez dans votre chanson ?

Un peu moins maintenant mais il y ressemble beaucoup. Rentré à quatre heures du matin, après les concerts, vivre la nuit, profiter de la lune "avoir la lune en guise de soleil" cela est véridique  ! C'est plaisant et cela peut-être ambivalent … forcément on vit en décalé par rapport aux autres mais j'aime tellement ! J'essaie quand même de me lever assez tôt pour profiter du jour aussi mais oui le quotidien c'est celui-là, c'est la vie d'un musicien… c'est faire de la route. Dans le  dernier couplet, je dis subtilement "la route est longue et fatigante à long terme, terminus, je tire le rideau car je n'ai pas envie de salir le tableau" : tout simplement parce qu'un jour j'ai failli m'endormir sur l'autoroute en rentrant de concert à 130 km/h . Donc j'ai été classé miraculé de la route et c'est ce que je dis…

Un hommage à Bob Marley, dans "Bob le man". Que représente t-il pour vous ?

C'est comme un père spirituel, quelqu'un que j'admire beaucoup. Je regrette car je sais que je ne pourrai jamais le rencontrer. Il nous a quittés en 81 et je suis né cette année-là ! J'ai fait beaucoup de concerts et je me dis que si j'avais pu le rencontrer cela aurait été quelque chose d'assez extraordinaire ! Je suis touché par sa musique.

Vous rencontrerez peut-être l'un de ses fils …

Je sais que Ziggy Marley est passé à Montpellier. Malheureusement je jouais de mon côté… J'espère avoir l'occasion un jour, pourquoi pas, de le rencontrer… de passer les frontières. Je lui chanterai "Bob le man" en face, et pourquoi ne pas lui proposer d'y mettre sa voix, et de la produire en duo… ce serait super !

Je "teste ma mélodie "semble faire référence à des couples mythiques de l'histoire comme Bonnie & Clyde. Un souhait de vivre une idylle ?

Je "teste ma mélodie" est une chanson que j'ai écrite pour une fille. Je la qualifierai de lettre de "motivation d'amour".. Dedans, je dis tout ce que je pourrai faire par amour. J'ai envie d'être amoureux, de rencontrer quelqu'un, d'avoir quelqu'un à mes côtés. Après je fais référence à des couples mythiques car cela me fait rêver comme Sonny et Cher car ils sont liés par la musique tous les deux, John et yoko pour le côté "passionnel", Bonnie et Clyde pour leur côté fou donc être encore plus fou qu'eux… On ferait des bêtises mais on les ferait ensemble… voilà, je cite des couples mythiques parce que j'ai envie de tout faire avec la fille qui m'accompagnera…

Woodstock, une période que vous auriez aimé vivre ? Ou que vous vivez par procuration vous en disant "enfant de ce mouvement"… ?

C'est un peu cela ! Je me sens enfant de cette musique. J'ai tellement sué sur ma guitare à jouer du Hendrix et tout ça… Mais j'aurai aimé le vivre ce festival… Quand j'ai regardé la vidéo et que j'ai vu tout ce qui s'était passé durant les trois jours, je trouve ça énorme ! Le nombre d'artistes présents, le mouvement hippie, le côté liberté…Musicalement il n'y avait pas de barrières ! J'aurais aimé être là… franchement, réveillé à 9h du matin par Jimi Hendrix, cela devait être vraiment Rock'n roll ! Mis à part que c'était pour le Vietnam, il y a aussi tout le côté Peace and Love…Etre avec les gens, courir tout nu, etc… c'est la paix, le partage et je trouve que nous avons perdu toutes ces valeurs… on est dans la surconsommation, l'individualisme…

Etes-vous Happy, funky, comme vous le dites ?

Je suis quelqu'un d'Happy, funky aussi ! Ma philosophie est que nous avons qu'une vie et qu'il faut en profiter et essayer de faire le maximum de choses, de profiter des gens qui nous entourent et de partager avec eux pendant que nous sommes là !

Vous avez apprivoisé, testé et fidélisé un public en parcourant les scènes françaises, est-ce que cela vous a permis une plus grande liberté dans la réalisation de cet album ?

Forcément, je voyais dans quel style j'étais le plus à l'aise scéniquement. La fidélisation du public s'est faite naturellement durant les dix années de tournée. La scène m'a permis de ne plus avoir de stress, de panique, de retenue. J'ai réalisé les morceaux de l'album selon ce que j'avais envie de faire tout en pensant à la scène, à ce que cela pouvait donner en live et à ce que j'ai fait auparavant …

Vous donnerez un showcase, le 5 octobre à la Fnac de Montpellier suivi d'un concert le 7 octobre à Castelnau le Lez… Vous évincez la capitale ?

Non ! J'attends avec grande impatience ! Vite… à quand Paris ? Moi j'ai envie de chanter à Paris… Nous avons souhaité une sortie locale car je suis connu sur Montpellier mais c'est aussi la 7ème grande ville de France puis c'est chez moi aussi et j'ai la chance de faire le Palais des Sports de Castelnau ! Je serai le premier à accepter de venir jouer à la capitale…

Racontez-nous un peu votre rencontre et votre complicité avec votre acolyte Rémi Gaillard ?

Rémi, c'est quelqu'un que je connais depuis que je suis tout petit, nous sommes du même village, du Crès. Nous avons six ans d'écart. C'était le meilleur ami de mon frère, mon aîné de cinq ans. En 99, quand il a souhaité faire ses impostures, j'avais du temps pour le filmer alors j'ai participé au projet et nous avons sillonné les routes de Montpellier pour faire des gags. Maintenant, cela fait presque douze ans que je suis dans le projet même si j'ai aujourd'hui, un peu moins de temps pour le filmer. Je travaille plus en retrait sur les montages, le partage des idées mais je suis toujours là. J'ai énormément ri. Cela m'a apporté de la désinhibition et m'a permis de ne plus avoir peur, de ne plus avoir honte, à être libre… mais il n'y a rien d'agressif, c'est enfantin, de la rigolade. Cela plaît de 7 à 77 ans, en France et cela s'exporte à l'étranger…

Vous allez continuer votre rôle de cameraman ?

On continue à travailler ensemble. Sur le concert du 7 octobre, nous nous sommes liés pour  la sortie de mon album et aussi pour l' association qu'il a créée  : "les enfants de n'importe où" dont le but est de réunir des fonds et d'organiser des journées pédagogiques pour les enfants. Je reverserai la moitié de mes bénéfices à cette association.

Pour mieux vous connaître, Greg Laffargue, quelle est la musique qui :

Vous a donné envie de faire ce métier ?

Une chanson ? C’est difficile… j'ai écouté tellement de choses, c'est compliqué. C'est le fait d'aller voir des concerts, de voir les gens sur scène et de me dire que je voudrais être à leur place. Il n'y a pas une musique en particulier…

Vous donne des frissons ?

Celle qui me met le plus en transe, je dirai que c'est la musique classique. Quelquefois, je rentre très tard le soir et je me mets radio classique ou les musiques de films. Je suis très fan d'Allan Silvestri qui a composé la bande originale de mon film préféré "Forrest Gump". Alors sur cette B.O. je passe par toutes les étapes, je vais rigoler, me mettre à genoux, pleurer…

Vous a le plus marqué quand vous étiez gamin ?

We are the world, écrite par Michael Jackson et Lionel Richie, et co-produite par Quincy Jones et Michael Omartian

Vous a fait tomber amoureux ?

Je dirai Hotel California… les premiers slows que j'ai dansés…

Vous donne la nostalgie ?

Fix you de Coldplay, c'est quelque chose que j'ai partagé avec une amie, mais c'est de la nostalgie positive.

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Propos recueillis le 7 septembre 2011 par Anthony Klein

Crédits photos : Bernard Benant (photos officielles) Anthony Klein (AKS Prod).

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